Mini vague de froid : la panique à bord

Nous venons de connaître une mini-vague de froid qui a démontré l’ineptie de la transition énergétique dans laquelle veulent nous engager les doctrinaires de tous poils. L’anticyclone qui s’est abattu sur l’Europe a révélé tout le danger des énergies intermittentes : sans vent la production des éoliennes a été tout simplement nulle.

L’Allemagne a le plus souffert car elle a une capacité installée en éoliennes équivalente à celle du parc nucléaire français, soit environ 65 GW. Pourtant, son parc éolien n’a strictement rien produit pendant l’épisode anticyclonique et le pays n’a échappé au blackout que grâce à un recours massif à ses centrales à charbon, au démarrage de toutes les tranches nucléaires qui ne sont pas encore fermées et à une importation massive, notamment de Pologne et de ses centrales charbon.

Merci à nos amis allemands pour leurs particules fines qui viennent en France faire de la concurrence à nos moteurs diesel !

En France, la capacité électrique installée est aujourd’hui la suivante :

  • Nucléaire : 63,1 GW
  • Hydraulique : 22,0 GW
  • Gaz : 6,7 GW
  • Fioul : 5,3 GW
  • Charbon : 2,9 GW
  • Eolien : 1,6 GW
  • Solaire : 0,4 GW
  • Biomasse : 0,2 GW

Mais toutes ces capacités ne sont pas équivalentes car il faut tenir compte du facteur de charge, i.e., le pourcentage moyen pendant lequel l’électricité est produite. Pour le nucléaire, il est supérieur à 90%. Pour l’éolien il est d’environ 20% et pour le solaire en France d’environ 15%.

Mais ce qui est encore plus préoccupant concernant les énergies intermittentes (solaire et éolien), c’est que leur production peut aller à 0% : c’est le cas bien sûr du solaire pendant la nuit ou quand les nuages sont abondants et c’est le cas de l’éolien quand il n’y a pas de vent. Chaque MW installé doit donc être accompagné d’un MW mobilisable immédiatement, charbon ou gaz généralement. Et bien sûr ces centrales de back-up ne tournent pas quand on n’en a pas besoin et ne sont donc pas rentables. La transition énergétique veut ainsi nous entraîner dans une aventure ubuesque :

  • on construit des éoliennes en mer qui produisent de l’énergie à 200 EUR le MWh,
  • on ferme des centrales comme Fessenheim qui ont été revampées et sont ainsi en parfait état et qui produisent de l’énergie à 20 EUR le MWh,
  • on maintient des moyens de production d’appoint non rentables qu’il faut subventionner.

Mais cela ne fait rien : ce sont les entreprises et les contribuables qui paient. Le coût des taxes énergétiques et environnementales a été évalué à plus de 60 milliards par Valérie Rabaud, la rapporteuse socialiste du budget. C’est plus que l’impôt sur le revenu et ce montant est appelé à fortement augmenter si la transition énergétique est appliquée.

Notons par ailleurs que les énergies intermittentes déstabilisent fortement les réseaux : quand elles produisent à plein elles inondent le réseau d’une énergie inutile qui fait chuter les prix de gros – au point que ceux-ci peuvent devenir négatifs ! – et quand elles ne produisent pas elles font courir un risque de stabilité au réseau et de pénurie pour les consommateurs. Du perdant-perdant !

A cette politique stupide vient s’ajouter une gestion aberrante du parc nucléaire. En novembre dernier, 21 réacteurs nucléaires étaient en arrêt pour contrôle. Et l’autorité de sûreté prévoyait d’en arrêter 5 de plus pour inspection pendant l’hiver ! Peut-on être plus stupide ? Ces réacteurs fonctionnent pour certains depuis 40 ans et on ne pouvait pas attendre quelques mois de plus pour faire une inspection de routine ?

Soudain le gouvernement a été pris de panique et il s’est rendu à la raison en autorisant le redémarrage de réacteurs. Et le branle-bas de combat a été déclenché partout en Europe : démarrage de toutes les centrales au charbon en Allemagne, en Autriche, en Pologne et en France, turbinage maximum de toutes les centrales hydrauliques. La pointe de la demande a pu être passée de justesse mais quelle improvisation !

Les français doivent savoir qu’arriver à passer un hiver modérément froid en mobilisant dans un moment de panique toutes les centrales de bric et de broc disponibles n’est pas une solution de long terme. Le développement de l’éolien et du solaire fait courir un risque majeur à l’approvisionnement du pays car ces énergies sont avant tout intermittentes.

Que se passera-t-il quand nous aurons un hiver vraiment froid ? Souvenez-vous de l’hiver de 1954, celui de l’abbé Pierre.

En 1954 la vaque de froid a duré du 30 janvier au 28 février. Les températures sont descendues jusqu’à -35°C. Il y avait 1m20 de neige en Normandie, 2m à Arcachon, 80cm à Bordeaux, 60cm à St Tropez où des congères de trois mètres ont isolé la ville plusieurs jours. Les plantations d’orangers de Grasse ont été anéanties. La plupart des fleuves ont gelé, tout comme l’étang de Berre, les bassins du port de Marseille et une bonne partie du littoral français. Les températures relevées ont été les suivantes : -12 à St Raphael, -17 à Marseille, -19 à Toulon, -20 à Aix en Provence, -21 à Lyon, -22 à Agen, -23 à Metz, -31 à Sarreguemines, et jusqu’à -35 en Corrèze.

Les canaux gelés ne permettaient plus de transporter le charbon. Les usines, les grands magasins, les écoles ont fermé. Plus de 12 000 personnes sont mortes et elles n’ont pas pu être enterrées de suite à cause du sol gelé. Et puis au dégel, les icebergs sur la seine ont bloqué les ponts.

Et si on remonte le temps, on trouve des hivers encore bien plus froids sous Louis XIV et Louis XV où des centaines de milliers de personnes sont mortes de famine et de froid. Plus près de nous, l’hiver 2016 n’est qu’une année modérément froide parmi toute une série récente : 1962, 1978, 1985, 2008, 2010.

Les industriels et les personnes de bon sens savent bien que le nucléaire ne pourra pas être remplacé en France par de l’éolien ou du solaire, sauf à développer en parallèle de nouvelles centrales au gaz ou au charbon ! Le parc nucléaire français peut sans aucun problème être prolongé au moins jusqu’à 60 ans comme l’ont fait les américains. Au fur et à mesure du démarrage des nouveaux EPR, les tranches les plus anciennes pourront être fermées mais certainement pas avant.

Fermer Fessenheim sans avoir démarré l’EPR de Flamanville est stupide et fait courir un risque majeur aux français si un hiver très froid subvient. Mais Ségo est une doctrinaire qui fait passer la politique avant les français. Et puis il parait que Hollande n’a pas le moral et qu’il faut lui faire plaisir en fermant Fessenheim, une de ces promesses de campagne…

CLUB DANTON

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5 réponses à Mini vague de froid : la panique à bord

  1. Laurent 46 30 janvier 2017 à 17:01 #

    Le tout nucléaire est tout aussi stupide, quand aux particules fine, permettez moi de ne pas comprendre comment des anciens arrivent à 90 ans alors que la crétinerie Française veut qu’il est impossible de respirer dès qu’il y a du brouillard ou un temps un peu bas.
    Tous les extrêmes sont dangereux !
    Les Français sont devenus imbéciles par toute cette presse néfaste et dangereuse pour la démocratie.

  2. dalbignat 30 janvier 2017 à 17:08 #

    il faut etre idiot ,ou bien incompetent pour reviser les centrales nucleaires en HIVER,les cretins !!!!

  3. Jean-Luc Fabry 30 janvier 2017 à 17:45 #

    Et pendant ce temps là notre candidat à la présidence de la république continue à louer la cop21et gare à ceux qui lui tourne dos.
    Trump à raison mais il aura tout le monde contre lui il faut qu’il tienne bon.

  4. Godefroid de Couillons 30 janvier 2017 à 22:09 #

    La prétendue solution éolienne est la plus catastrophique (Je parle des éoliennes géantes et pas des petites éoliennes individuelles). Les éoliennes ont pour corolaire le développement des centrales à charbon et la pollution que celles-ci génèrent et les pollutions particulières aux éoliennes, ultra-sons dévastateurs, effet strboscopique, destruction des oiseaux, saccage des plus beaux paysages, stérilisation définitive de terres, tout çà pour une productivité catastrophique payée très cher pour le contribuable pour le seul profit de la haute finance.
    Il faut absolument parvenir à un moratoire des éoliennes

  5. Godefroid de Couillons 17 mai 2017 à 19:44 #

    Cette élection législative de 2017 doit être l’occasion de remettre en cause le fléau des éoliennes industrielles qui polluent nos campagnes et nos rivages, et plus particulièrement dans les circonscriptions menacées par de nouveaux projets.
    Ce sera le cas dans la 5ème circonscription de la Sarthe où Cécile BAYLE de JESSé (DEBOUT LA FRANCE) affrontera notamment 2 éoliens forcenés, Maires de leur Commune, à savoir :
    Luc-Marie FABUREL (LA FRANCE INSOUMISE), Maire de Saint Longis
    Et Eric de VILMAREST (FRONT NATIONAL), Maire de Saint Aignan (Marine LE PEN avait pourtant à son programme la fin des éoliennes !!)
    Tous 2 à l’origine de projets éoliens sur leur commune.
    Sans compter autres candidats plus ou moins parachutés EN MARCHE, ECOLOS ou autres…

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