Extradition vers la Chine pour corruption

Depuis plusieurs années, le président chinois Xi Jinping a organisé une chasse aux corrupteurs dans le seul but de conforter son pouvoir. C’est un moyen facile et souvent utilisé dans l’histoire chinoise. Qui peut prétendre que lutter contre la corruption n’est pas utile ? Par ailleurs, comme la corruption est totalement généralisée, il est facile pour le pouvoir de choisir ses cibles et de démontrer leur corruption. Ceux qui sont épargnés – et qui sont tout aussi corrompus – deviennent dociles comme des agneaux de peur de faire partie de la prochaine vague de purge.

A ce jour, plus de 100 000 personnes ont été arrêtées, emprisonnées, condamnées, souvent torturées et parfois exécutées. Cela touche les cadres centraux du parti, les cadres provinciaux, la classe économique d’état et les grandes entreprises. Les proches du pouvoir, aussi corrompus que les autres, sont bien sûr épargnés.

Et c’est dans ce contexte que Hollande vient d’autoriser l’extradition de Chen Wenhua, arrivé en France en mars 2013 et poursuivi par la Chine pour crime économique pour avoir soi-disant détourné à son profit 2,7 million d’euros.

La France ne peut pas ignorer que renvoyer un ressortissant chinois dans de telles conditions c’est le condamner a minima à la torture, peut-être à la mort. Chacun sait que la justice et le système pénitentiaire chinois agissent sur ordre du pouvoir politique. La croisade contre la corruption étant pilotée par le pouvoir, les suspects doivent nécessairement avoués et la torture est quasi systématiquement employée. Sa forme la plus banale en Chine consiste à faire manger au détenu ses excréments et à lui faire boire son urine.

La France a signé en 2015 un accord d’extradition avec la Chine couvrant les faits de corruption mais expulser un individu vers un pays qui pratique la torture n’est pas légal en France. C’est pourtant ce qu’a fait Hollande. Il est vrai que Ségolène nous avait fait part en son temps de son admiration pour « l’efficacitude » de la justice chinoise… Elle a récemment récidivé en vantant les mérites de la dictature cubaine.

Le gouvernement de Hollande nage en pleine contradiction car la France est signataire de la Charte Européenne sur le « refus d’extrader un individu sous juridiction d’un état, si celui-ci est condamné à mort dans son pays d’origine ». Or la loi chinoise condamne à la peine de mort tout crime économique au-delà de 3 millions de yuan, soit 410 000 euros.

La France a donc très vraisemblablement envoyé Chen Wenhua se faire exécuter en Chine.

Alors qu’il donne des leçons de morale au monde entier, pourquoi Hollande accepte-t-il d’être le complice d’un tel régime ?

 

CLUB DANTON

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