Eolien et solaire : et si on nous disait la vérité

Regardons la réalité en face. La France est équipée en nucléaire, en hydraulique et en turbines à gaz qui permettent de gérer les pointes. Elle n’a besoin de rien d’autres. Aujourd’hui l’éolien ou le solaire produisent une électricité intermittente dont le coût, dans le meilleur des cas, est au moins deux fois celui de l’électricité issue du nucléaire. La construction de capacités en solaire et en éolien a conduit à la fermeture des centrales à gaz dont certaines étaient pratiquement neuves. C’est un gâchis total !

L’Allemagne, comme chacun le réalise maintenant, a fait bien pire puisqu’elle a procédé à un véritable suicide énergétique. Elle a fermé ses centrales nucléaires performantes et peu coûteuses, a construit une multitudes d’éoliennes en mer du Nord qui évidemment ne peuvent remplacer les centrales nucléaires et a ainsi été obligée d’avoir recours massivement au charbon. Le pire en Allemagne est que l’énergie issue des turbines éoliennes doit être absorbée par le réseau car les turbines ne peuvent être arrêtées. Si le réseau est saturé, on arrive à la situation absurde où le coût instantané de l’énergie devient négatif. Et si trop d’éoliennes étaient installées, c’est la stabilité même du réseau électrique européen qui pourrait être mise en danger.

Le solaire ou l’éolien peuvent paraitre attractifs en première approche car l’investissement apparent est assez faible, notamment en comparaison avec le nucléaire. Mais la durée de vie du solaire ou de l’éolien n’est que de 10 à 15 ans alors qu’une centrale nucléaire bien maintenue peut facilement durer plus de 60 ans. Il y a aux USA environ 14 000 éoliennes obsolètes à l’arrêt et en décrépitude après un service de moins de 15 ans.

L’investissement dans l’EPR est très élevé mais il s’agit du premier réacteur de la série et les suivants devraient être beaucoup moins chers. L’EPR chinois va ainsi coûter environ 3 milliards d’euros, contre près de 9 milliards pour l’EPR de Flamanville.

Une éolienne off-shore, technologie qui semble maintenant avoir la préférence du gouvernement français, coûte entre 2 et 4 fois plus chère qu’une éolienne terrestre. Son coût se rapproche ainsi de celui de l’EPR, et ceci sans prendre en compte le raccordement au réseau qui peut générer des dépenses énormes.

Certains pays – la Chine et les USA notamment – sont en train de développer une filière nucléaire à base de thorium qui conduit à des coûts d’investissements beaucoup plus faibles que ceux de la filière uranium. A moyen terme, la filière thorium sera beaucoup plus efficace que l’éolien. La filière thorium présente par ailleurs l’avantage d’une sécurité exceptionnelle, d’un combustible abondant et bon marché et d’une capacité à absorber une partie des déchets des centrales à l’uranium.

Enfin, à long terme, il est très probable que la fusion nucléaire nous apportera une énergie infinie et bon marché. Pourquoi la France est-elle le fer de lance d’ITER, le programme européen de fusion, si elle veut sortir du nucléaire ?

Certains pensent que l’avenir des énergies intermittentes reposent sur la capacité à stocker massivement l’énergie. Les solutions envisagées sont multiples et parfois farfelues : pompage hydraulique, batteries à flux, batteries chimiques diverses (zinc/brome, vanadium, sodium/chlorure de nickel), stockage à l’hydrogène, stockage par compression d’air… Pour l’instant aucune de ces technologies ne permet d’envisager de stocker les quantités d’énergie en jeu. Il y a au moins un facteur 1000 entre l’état actuel de la technologie et les besoins. Et quand bien même la technologie évoluerait, il faudrait pour alimenter ces systèmes de stockage multiplier par 5 ou 6 les investissements initiaux pour tenir compte de potentielles périodes longues pendant lesquelles aucune électricité n’est produite (temps couvert ou calme plat sur plusieurs jours).

Aujourd’hui, en l’absence de toute technologie efficace de stockage, un KW solaire ou éolien nécessite la construction en parallèle d’un KW thermique. Si les hydrocarbures et le charbon sont bannis, la seule alternative est le nucléaire. C’est pour cela qu’EDF envisage au fil du temps de remplacer 100% de sa capacité nucléaire actuelle par des réacteurs de nouvelle génération.

Si la France veut réellement poursuivre sa stratégie farfelue de développement des énergies intermittentes, elle devra dépenser le double de ce qui est nécessaire. La fondation iFrap a évalué le surcoût à environ 70 milliards par an ! La France en a-t-elle les moyens ?

Développer massivement le solaire et l’éolien en France est absurde, coûteux et inutile. Pourquoi les médias, qui connaissent bien cette réalité, nous la cachent-ils ?
CLUB DANTON

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10 réponses à Eolien et solaire : et si on nous disait la vérité

  1. jean goychman 31 janvier 2016 à 19:34 #

    Parce que nous sommes résolus à rentrer dans l’absurdité la plus totale. Il y a une trentaine d’années, ceux-là même qui nous prédisent l’ébullition des océans nous promettaient alors une période de glaciation où ces mêmes océans allaient geler et transformer la planète entière en banquise…
    Même les shaddoks de Claude Piéplu n’auraient pu faire mieux. Construire des forêts d’éoliennes pour éviter de produire du CO2 et terminer par des centrales thermiques indispensables au fonctionnement du bazar, c’est grandiose !
    Quant à constater ce qui se passe en Allemagne Ach, kolossalle finesse…

  2. Godefroid de Couillons 31 janvier 2016 à 20:44 #

    L’éolien et le solaire, c’est aussi une multitude d’escroqueries en bandes organisées avec la bénédiction des pouvoirs publics et d’EDF.

  3. Anonyme 1 février 2016 à 10:29 #

    rien à ajouter.
    parfait

  4. Zendog 3 février 2016 à 09:16 #

    Complètement d’accord avec les commentaires ci-dessus mais les sommes colossales en jeu ne seront pas perdues pour tout le monde. De plus notre ministre a les yeux de Chimène pour ces énergies renouvelables.Il suffit de la regarder quand elle en parle.

  5. invite2018 1 mars 2016 à 16:32 #

    Il est évident que l’éolien, étant moins puissant que l’énergie nucléaire, ne pourra pas produire de quantité au moins égal que ce qui est produit actuellement.

    Mais utiliser ce fait comme un argument pour le maintien des centrales part du présupposé selon lequel il faudrait absolument produire au moins autant qu’on ne le fait actuellement. Or, si on accepte de remettre en cause le dogme qui interdit toute baisse des profits des milliardaires (une très grande part de l’électricité est utilisée, non pas pour le train de vie des classes moyennes et pauvres, mais pour la richesses du grand patronat, pour que fonctionne l’armement militaire, et pour d’autres entretiens inutiles), on pourrait continuer à satisfaire les besoins de l’ensemble de la population mondiale malgré la décroissance globale.

    Remplacer le nucléaire par l’éolien et le solaire n’est absurde que pour qui part du principe que toute diminution des centaines de millions d’euros de revenu que touche mensuellement chaque grand actionnaire serait à proscrire.

    Ce qui est en revanche vraiment aberrent, c’est d’installer l’éolien non pas en remplacement mais en plus du nucléaire.

  6. Mareu 10 avril 2016 à 09:02 #

    J ai des éoliennes à 500m.de chez moi, bruit, effet trolboscopique, perte de 30prc de ma maison devenue invendable.. Vous les pro-eolien, mettez déjà ces merdes dans votre jardin avant de nous donner des leçons.

  7. Schaetzel 16 mai 2016 à 22:47 #

    Bonjour,

    Etant pour les énergies d’avenir et renouvelables, les seules à être pérennes dans le temps, le contenu de ce texte et des commentaires sont suffocants de bêtises !!

    Mais quoique certains décérébrés déclarent, la fin de l’ère nucléaire trop chère et obsolète est proche.

    Vive le développement du solaire et de l’éolien, simplement car ce sont les seules sources d’énergies d’avenir possible !!

  8. arabal 17 mai 2016 à 08:19 #

     » Vive le développement du solaire et de l’éolien, simplement car ce sont les seules sources d’énergies d’avenir possible !!

    Pour l’instant ce sont des énergies MIRAGES qui coûtent horriblement chères et qui fournissent une énergie = à zéro surtout les éoliennes qui en plus massacrent les paysages et sont très néfastes aux écosystèmes vol des oiseaux les migrations etc….une catastrophe..pour une production d’énergie comparable à un vélo branché sur un générateur …Par contre les lobbies qui ont lancé ce marche très juteux s’engraissent largement ..

  9. Godefroid de Couillons 17 mai 2016 à 09:28 #

    @Schaetzel :
    Vous devriez un peu vous renseigner,
    Notamment :
    – sur les réels coûts et nuisances des éoliennes,
    -et sur les escroqueries du solaire.

  10. Papyrus 20 juillet 2016 à 16:09 #

    Excellente chronique qui expose bien la réalité de la situation.
    Je n’arrive pas à comprendre comment, sous prétexte de conscience écologique, on arrive à défendre des solutions qui techniquement sont aberrantes.
    Effectivement les productions intermittentes n’ont de sens que si le stockage massif d’électricité est possible, ce qui actuellement n’est pas le cas et ne semble pas près de l’être.
    Je rappelle que la pointe annuelle de consommation a lieu en hiver, un soir de grand froid entre 19 et 21 heures. A cette heure il fait nuit et comme il fait bien froid on est dans un anticyclone et donc il n’y a pas de vent…
    Quant à dire qu’il suffit de réduire notre consommation, c’est absurde. D’accord pour lutter contre le gâchis, mais au delà de cette préoccupation on sait bien que le développement d’une société est lié à la quantité d’énergie dont elle dispose. L’idée que la transition énergétique est créatrice d’emplois est une imposture.

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