Prime, 35 heures et syndicats

 

La prime de départ du patron d’Alcatel, Michel Combes, même réduite de 14 à 7 millions, a fait l’objet d’une condamnation unanime de notre classe politique et de quelques faux-culs du Medef. Mais comparons cette prime avec les gains annuels et récurrents de quelques autres patrons et personnalités du sport :

  • Arnaud Lagardère : 16 millions,
  • Bernard Arnaud : 11 millions,
  • Carlos Ghosn : 7 millions,
  • Lionel Messi : 20 millions,
  • Cristiano Ronaldo : 17 millions,
  • Karim Benzema : 16 millions,
  • Tony Parker : 16 millions,
  • Frank Ribéry : 15 millions,
  • Joachim Noah : 14 millions,
  • Blaise Matudi : 12 millions,
  • Nicolas Batum : 9 millions.

Et ne parlons pas des 265 millions du boxeur Mayweather !

Il est vrai que Michel Combes n’est pas resté longtemps à la tête d’Alcatel mais son bilan est très bon. Contrairement à ses prédécesseurs qui ont amené la société au bord de la faillite, il a eu le courage de mener une vaste restructuration et de lancer le plan Shift articulé autour des mesures suivantes :

  • Réorientation stratégique de la société vers le cloud,
  • Diminution des frais de fonctionnement de 1 milliard avec la suppression de 10 000 postes,
  • Fermeture de la moitié des sites obsolètes.

Grâce à ce plan, Alcatel a été en bonne position pour négocier sa fusion avec Nokia, fusion qui permet de redonner un avenir à la société.

On peut regretter les suppressions de postes et le fait qu’Alcatel ne soit plus français mais qui en est responsable, si ce n’est le coût du travail en France et la rigidité des syndicats. Avec les cartes qu’il avait en main, Michel Combes a très bien joué et a offert le meilleur avenir possible à la société. Rappelons que sous sa direction l’action d’Alcatel, et donc sa capacité à se développer, a été multipliée par 6, ce qui représente une création de valeur de 12 milliards. Ses 7 millions de prime de départ sont-ils vraiment si injustifiés ? Mais c’est un salaud de patron et il faut le faire payer !

Sur un autre sujet, la loi Macron a de bons côtés mais a aussi une face obscure. Une mesure catastrophique est l’entrée programmée des délégués syndicaux dans les conseils d’administration des entreprises non cotées. Les délégués syndicaux ne sont pas élus par le personnel mais désignés par leur syndicat. Evidemment, la France veut suivre le modèle allemand. Seulement en Allemagne les syndicats sont progressistes et surtout représentent l’intérêt de l’entreprise et de la majorité des salariés. En France, les syndicats les plus virulents sont restés d’inspiration marxiste ou trotskiste et ont gardé la lutte des classes comme socle de leur action. Ils ne représentent ni l’entreprise ni ses salariés mais sont avant tout politisés et appliquent les mots d’ordre de leur centrale. Cette mesure risque de faire fuir bon nombre de conseils d’administration hors de France.

Le récent exemple du vote chez Smart révèle bien le véritable visage de nos syndicats. Alors que la vaste majorité du personnel a voté favorablement pour un passage de 37 à 39 heures, les syndicats révolutionnaires vont bloquer la mesure car elle est contraire à leur doctrine du travailler moins. Deux heures de plus par semaine, quel scandale ! Nos agriculteurs indépendants travaillent 60 à 70 heures par semaine pour obtenir un trois quart de smic. Les commerçants travaillent 60 heures par semaine, emploient souvent leur femme et leurs enfants (quelle horreur…) le tout pour un revenu de 2200 euros par mois en moyenne. Une vaste majorité de cadres dirigeants ou commerciaux du privé travaillent, au bureau ou chez eux, plus de 60 heures par semaine. Mais passez de 37 à 39 heures chez Smart est une véritable torture physique ! Et bien sûr, on ne peut pas toucher aux 35 heures car c’est un soi-disant marqueur de gauche et les abolir serait une régression sociale ! Rappelons tout de même que l’horaire maximum européen est de 48 heures.

Seules les entreprises créent de la richesse et dans chaque entreprise il y a une poignée de responsables et de courageux qui se crèvent le cul pour que les chers ouvriers et employés, horriblement exploités, puissent avoir beaucoup de temps libre pour aller au musée, au spectacle, au stade, comme le préconise la mère Taubira.

Et puis nous avons toujours ce problème récurrent d’une classe politique, droite comme gauche, qui a peur des grèves dures et qui achète la paix sociale en payant les syndicats. On attend toujours en France notre Madame Thatcher. Pendant les campagnes électorales certains candidats jouent les matadors mais quand ils arrivent au pouvoir ils se transforment généralement en moutons et font comme leurs prédécesseurs.

Les syndicats touchent de manière directe ou indirecte environ 4 milliards d’euros par an de l’état. En plus de ces liquidités, ils bénéficient d’une pléthore de fonctionnaires qui travaillent pour eux. Leur nombre est évalué à 28 000 équivalents temps plein. Et ceci n’est que la partie avouable et officielle car les ressources principales sont occultes et issues d’un système quasi mafieux :

  • Prébendes et détournements issus des nombreuses caisses paritaires,
  • Subventions occultes des Banques Coopératives,
  • Pactole de la gestion paritaire de la formation professionnelle. Environ 20% à 25% des 6,3 milliards de la formation professionnelle sont gaspillés en frais de gestion et frais divers,
  • Confiscation des budgets de fonctionnement des différents comités d’entreprises, évalués à 580 millions par an,
  • Distribution d’une partie du budget de 1 milliard des activités sociales des CE à des prestataires amis, ou plutôt copains et coquins.

Et comme-ci tout cela ne suffisait pas, Hop !, le gouvernement a créé une nouvelle ponction sur les entreprises de 100 millions pour alimenter les syndicats.

Au total, à la louche, ce sont environ 7 milliards d’euros par an que la sangsue syndicale prélève sur le sang des français. Et bien sûr la question simple que l’on se pose est : où va tout cet argent ? Les bilans misérabilistes publiés par les syndicats reflètent moins du tiers de cette somme. Le reste s’évapore ! Quand la cour des comptes va-t-elle enfin mettre son nez dans la cuisine syndicale ?

CLUB DANTON

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7 réponses à Prime, 35 heures et syndicats

  1. Anonyme 9 octobre 2015 à 09:44 #

    Les syndicats ont des frais , n’est ce pas normal comme pour toutes activités , l’argent est le nerf de la guerre dans toute activité ! mais combien le Medef prélève aux entreprises pour rémunérer plus de ses 500 salariés et étudier comment “baiser” les salariés !!

    On ne sais faire que du haro sur les syndicats mais s’ils y en avait pas que serait le paysage salarial quand on voie les prétentions du MEDEF , la France serai égale a la, CHINE est ce que l’on veut !!
    de toute façon il y a pas de pouvoir sans contre pouvoir sinon c’est une dictature !!

    C’est ce que les Français veulent ou le MEDEF , le problème en France contrairement au pays du nord de l’Europe ou l’Allemagne c’est que le salarié est libre d’adhérer ou pas , c’est la liberté , en Allemagne c’est obligatoire , en Suède et Finlande c’est le Syndicat qui gère les indemnités chômages !! pas d’adhésion au syndicat pas de chômage !!

    Le seul rempart est el syndicat et souvent a contre courant au salarié car ceux ci sont très mal informé et ne voie pas les pièges comme chez SMART !!
    C’est normal car les étudiants futur salariés n’ont même pas de cours sur les droits des salariés alors qu’ils seront de futur salarié est ce normal , ce serait un plus aussi important que d’apprendre la géographie !!!!

    Au lieu de taper sur les syndicats étudiées plutôt la situation financière du MEDEF , vous serez surpris , je ne parle pas non plus des groupes politiques ou là c’est l’anarchie totale !! par exemple notre représentation des députés , sénateurs en France et je parle pas des députés européens !!

    Les finances des syndicats c’est une goute d’eau dans le paysage français …

    Regardez le train de vie du président français par rapport a la chancelière MERKEL , qui paie tout de sa poche même l’eau , l’électricité quelle consomme et qui habite pas un palais !!

    Votre texte prouve votre méconnaissance total du paysage syndical et de son fonctionnement

  2. Anonyme 9 octobre 2015 à 09:58 #

    C’est très beau tout çà mais le vrai fléau est le libre-échangisme mondial. Tant qu’on a pas compris çà, inutile de pérorer contre les patrons et les syndicats.

  3. arabal 12 octobre 2015 à 07:51 #

    Le libre échangisme mondial c’est un marché mondial ouvert …..avec une seule Loi le FRIC !!!
    Après si un Pays croule sous les lois sociales c’est  »regrettable  » mais il se met hors du marché au niveau des prix qui gonflent démesurément ..justement… à cause de ses lois sociales !!!
    Il eût fallu exporter LES LOIS SOCIALES !!!!

  4. Anonyme 12 octobre 2015 à 09:15 #

    Alors ill faudrait s’aligner sur les lois sociale et les salaires de l’Ethiopie!

  5. arabal 12 octobre 2015 à 20:45 #

    C’est ce qui est en train de se produire et on compte sur toi
     » ‘l’anonyme  »^pour faire de la France un grand pays de lois sociales !!!!!!!!! quand les autres travaillent comme les Éthiopiens …..

  6. Anonyme 13 octobre 2015 à 09:27 #

    Il est donc temps de remettre des frontières entre les pays esclavagistes et les autres (et mettre au gnouf les individus qui nous gouvernent depuis des lustres.)

  7. Anonyme 22 novembre 2015 à 21:06 #

    Vous êtes jaloux? Tant mieux pour eux. Si vous sentez la capacité d’être pdg cac 40, n’hésitez pas si vous en avez les capacités. Vous enviez Ribeyri eh bien jouez comme lui et vous aurez son salaire. Allez saluts les minables et mort et exploitâtion des pauvres et des nuls

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