Les OGM et la nouvelle victoire du Lyssenkisme écologique

  • 23 août 2015

La bataille des OGM bat son plein depuis plus de 20 ans en France et dans quelques autres pays européens. Le maïs MON 810 est particulièrement attaqué, malgré toutes les études confirmant à la fois son efficacité et son innocuité. Mais l’idéologie verte n’a que faire des études scientifiques. Elle a vaincu dans l’esprit de beaucoup de français qui sont maintenant convaincus que les OGM sont mauvais pour la santé. C’était le but recherché. Peu importe que cette croyance soit basée sur des faits ou non.

L’argument ultime des écologistes est que les OGM sont des instruments des multinationales capitalistes qui cherchent à exploiter les pauvres paysans en leur vendant des semences brevetées. Les écologistes prennent vraiment les agriculteurs pour des idiots : ceux-ci utiliseraient-ils des semences OGM s’ils n’y voyaient pas un avantage surpassant largement leur coût ? Au Burkina, un test officiel a été fait sur trois types de coton : un coton BT (OGM), un coton traditionnel (sans OGM mais avec des produits phytosanitaires) et un coton écologique sans aucun produit. Les rendements à l’hectare sont sans équivoque : 2 tonnes/hectare pour le coton BT, 1,075 tonne pour le coton traditionnel et 0,466 tonne pour le coton écolo. Par ailleurs les groupes qui commercialisent les OGM ne sont pas seulement Monsanto, Bayer, Novartis ou Syngenta. Il y a maintenant des laboratoires nigérians, sud-africains ou brésiliens qui cherchent à développer l’économie agricole de leurs pays. Et en France nous avons des champions tels Limagrain dont le développement est handicapé par la politique stupide du pays.

Pour défendre leur idéologie anti OGM, les écologistes n’hésitent pas à affirmer des faits totalement infondés, voire farfelus. Ainsi Greenpeace prétend-il que « l’agriculture écologique » peut augmenter les rendements à l’hectare de 80% et que la seule manière de nourrir la population mondiale d’ici à 2015 est d’installer partout où nécessaire des « petites fermes locales ». Le problème des agriculteurs français qui souffrent d’un déficit de compétitivité par rapport aux allemands parce que leurs exploitations sont trop petites prouve toute l’absurdité de ce propos. Et puis on imagine les grandes métropoles mondiales, Paris, Londres, New-York, Pékin,… couvertes de petites fermes à la Greenpeace !

La position de la France sur les OGM a été invalidée par la commission européenne qui autorise la culture et la vente de certains végétaux OGM en Europe. Mais qui en France osera contester la position française ? Comme en matière de réchauffement climatique, il y a sur le sujet un consensus lyssenkiste entre ONG, fainéants écolos, partis de gauche, classe politique à couilles molles qui ne veut surtout pas froisser l’opinion et journalistes complaisants et techniquement incompétents. Tous se rejoignent pour bannir les OGM de France sans aucune raison scientifique.

Mais il y a plus grave. La position de la France risque de créer un réel problème de santé publique. Une étude a ainsi été lancée récemment à la Réunion sur la faisabilité d’un projet visant à éradiquer les moustiques vecteurs du chikungunya, de la dengue et de la malaria en utilisant la méthode du mâle stérile. La France est particulièrement avancée en la matière puisqu’elle a plus de 60 ans de retard sur d’autres pays confrontés au même problème ! Mais cela n’a pas empêché les écologistes de se mobiliser contre ce projet prétendant qu’on ne pouvait lâcher des moustiques modifiés dans la nature ! Ils feraient bien de regarder 60 ans en arrière du côté des Amériques.

Dans les années 50, est apparue au sud des USA, en Amérique centrale et en Amérique du Sud une mouche tueuse appelée la lucilie bouchère. Cette mouche pond des œufs dans les petites blessures des animaux (et aussi parfois des hommes) qui se transforment en « vers vis » (screw worm), pénètrent jusqu’aux organes vitaux et tuent les animaux en 15 jours. La mortalité totale dans la zone infectée a atteint alors plusieurs millions de têtes de bétail par an. Des chercheurs américains ont pris le problème à bras le corps et ont découvert qu’en produisant d’énormes quantités de mouches mâles et en les stérilisant, les œufs pondus par les femelles ne produisaient pas de vers. Les américains ont alors construit deux usines à mouches stériles, au Texas et en Louisiane, et le fléau a été éradiqué en 1966. Les Etats-Unis, via la société Comexa, ont proposé une coopération avec les autres pays infectés. Ils ont notamment construit à Tuxtla Gutierrez au Mexique une gigantesque usine à mouches stériles s’étendant sur 80 hectares et produisant 120 à 150 millions de mouches stériles par semaine. Ces mouches ont été expédiées dans les pays d’Amérique Centrale et Latine infectés. Grâce à des traitements de masse sur de vastes zones géographiques, le fléau a été éradiqué au Salvador, Guatemala, Belize, Honduras et presque totalement éliminé du Mexique. En 10 ans, cette usine a produit 268 milliards de mouches. Les avantages de cette technique de modification génétique sont innombrables :

Spécifique à un seul insecte,

Non polluante,

Elimination de tout insecticide,

N’entraine pas de résistance.

Mais les idéologues écologiques peuvent-ils supporter cela ?

En 1986, la même mouche tueuse s’est installée en Lybie et a tué en 2 ans près de 2 millions de bovins. Malgré les relations tendues entre les Etats-Unis et la Lybie, la Comexa a apporté tout son soutien au projet d’éradication de l’insecte qui a disparu de Lybie en 1990.

La France n’a-t-elle pas aussi le devoir de coopérer avec les américains pour éradiquer les fléaux tels que le Chikungunya. Ceux-ci ont plus d’expérience que nous. Aujourd’hui, Comexa commercialise 15 types de mouches et moustiques stériles. Qu’attend-on pour les utiliser à la Réunion ? Et si la France métropolitaine était elle aussi attaqué par ce genre de fléau ?

En fait, une mouche en provenance du Maroc a commencé à coloniser le sud de la France. Il s’agit de la Wohlfahrtia Magnifica, qui a les mêmes habitudes que la lucilie bouchère mais s’attaque particulièrement aux brebis en pondant dans leur vulve. Beaucoup plus de moutons ont été tués en France par cette mouche que par les loups ! Le traitement préconisé en France : enlever les vers avec une pince à épiler et badigeonner de désinfectant ! On se croirait revenu sous Molière où des « Doifoirus » essayaient de soigner la jambe gangrénée de Louis XIV avec du lait d’ânesse !

Tout cela est en fait très grave pour le futur de notre agriculture. Nous avons été pendant des décennies à la pointe du progrès agricole et sommes en train de décrocher massivement à cause des thèses lyssenkistes des écologistes.

Les Espagnols produisent du maïs OGM 40% moins chers que le nôtre. Le cheptel français pourra-t-il résister longtemps ? Où ira l’agriculture française si toutes ses cultures ont un rendement inférieur de 30% à 40% à celui de nos voisins ou concurrents plus lointains ?

Comme le dit Michel Boudet, professeur et chercheur au CNRS : « A propos des OGM, le problème réside dans le fait qu’il s’agit souvent d’une confrontation entre des gens qui ont des certitudes et des gens qui parlent au nom d’une absence de certitude ».

La France est totalement désarmée contre l’idéologie écolo-lyssenkiste, qu’il s’agisse des OGM ou du réchauffement climatique car ses élites politiques et médiatiques sont ascientifiques. Ils viennent tous de la filière Science-Po / ENA dans laquelle pas une once de science – quelle qu’elle soit – n’est enseignée. Ce sont des moutons que les écolos viennent tondre tranquillement.

 

CLUB DANTON

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  1. Je trouve regrettable que votre animosité (fort compréhensible) envers les écologistes vous pousse à cet étonnant amalgame entre des questions qui n’ont qu’un très lointain rapport. Le problème principal posé par les OGM n’est pas leur innocuité (bien qu’après tout, comme dans le cas des médicaments, on pourrait demander aux producteurs d’en apporter la preuve et non l’inverse), mais le modèle juridico-économique qui va avec, basé sur la brevetabilité du vivant. Comme le maïs en particulier, diffuse son pollen dans un rayon de 25 km, potentiellement, vous ne pouvez produire aucune semence de maïs dans le voisinage, sans prendre le risque d’y voir introduit le gêne breveté et par conséquent d’être poursuivi pour contrefaçon. C’est déjà ce qui se passe aux Etats-Unis, où les agriculteurs sont plus ou moins forcés d’avoir recours aux semences Monsanto par la menace d’actions en justice. Par ailleurs, la seule comparaison des rendements n’est pas suffisante pour comparer des semences. Encore faut-il tenir compte des intrants, de la régénération des sols, etc… Renseignez-vous sur les résultats de l’adoption de ces fameuses super-semences de coton dans certaines régions de l’Inde, vous verrez qu’il n’est pas aussi brillant qu’on pouvait l’espérer.

    Quant à la technique de lutte contre les insectes parasites, elle n’a a priori rien à voir avec les manipulations génétiques: dans la première campagne de lutte aux Etats-Unis, les mâles ont été stérilisés par exposition aux rayons X et non par des manipulations génétiques qui n’existaient pas à l’époque.
    Tout mélanger de cette manière ne fait malheureusement que nuire à la crédibilité de vos propos. C’est dommage.

  2. Les politicards ont ceci de particulier que, se considérant « ELUS DU PEUPLE » ils doivent mieux savoir que la piétaille qui les anobli par leur suffrages. Eux ils savent ! le Bon Dieu leur a fait un clin d’œil de reconnaissance. S’ils sont à gauche, comme le cœur, c’est que le Tout puissant les avaient déjà repérés (c’est un signe quand même). Donc ce qu’ils énoncent, c’est pour le bon peuple. Leur bon sens prévaut TOUS les arguments techniques et scientifiques, ce n’est pas nécessaire. Quant à vérifier équitablement et de manière impartiale, cela viendrait à remettre en question la nature même de leur adoubement.

  3. Il ne faut pas oublié que dans les OGM s comme par exemple le maïs on a introduit une protéine Cry3Bb1 qui produit un insecticide pour combattre la virale du maïs , donc on mange en même temps que ce maïs un insecticide , cela doit être bon pour la santé des animaux et de humains
    En plus les insectes se sont adapté a cette protéine et ne protège plus le maïs
    Face au « risque commercial » que représentent les apparitions de résistance, la stratégie des multinationales est d’ « empiler » plusieurs transgènes codant pour plusieurs protéines insecticides dans une plante. Monsanto commercialise ainsi aux États-Unis le maïs SmartStax depuis 2010, un maïs qui contient notamment six protéines insecticides. Ce maïs est actuellement en attente d’autorisation commerciale en Europe, dans le cadre d’un dossier déposé en 2008 par Monsanto, Dow AgroScience et Mycogen.

    Ou va t on !!!!

  4. De toutes façons, dans ces histoire d’écologie, de climatisme, d’OGM etc… il y a des mensonges à tous les étages de la part d’écolos pseudos-scientifiques pour soutenir les délires fous furieux des climatistes, de scientifiques intéressés et corrompus pour soutenir les OGM notamment).
    Espérons que le bon sens ait encore un avenir…

  5. Donc, pour les auteurs de cet articles, les scientifiques payés par les multinationales pour dire qu’il n’y a aucun problème, et qui sont les seuls dans le monde à affirmer cela, tout est normal?? Que Monsanto paye des enquêteurs, qui entrent chez les agriculteurs pour vérifier si ils exploitent des OGM, sans autorisations ne pose aucun problèmes ? Quelle propagande mensongère que ce blog, qui fait la part belle aux lobbys! Je ne reviendrais plus sur ce site qui est pire que mensonger…

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