Le rapport Gallois nous dore la pilule et Ayrault nous administre un placebo

Le rapport Gallois, accueilli comme un nouvel évangile qui révèle à une France ébahie les moyens de restaurer la compétitivité de son industrie, n’est en fait qu’une manipulation du pouvoir socialiste visant à détourner les Français des vrais problèmes du pays.

Le rapport Gallois glisse très superficiellement sur les causes profondes de la destruction industrielle de la France depuis 30 ans et il prend bien garde de proposer des mesures visant à supprimer ces causes. Homme de gauche, Galois ne peut et ne veut pas dénoncer les cancers qui rongent la France et qui ont été – à de rares exceptions près – provoqués par la gauche quand elle a eu le pouvoir.

La désindustrialisation du pays est une conséquence directe de mesures catastrophiques prises dans plusieurs domaines.

Commençons par les Trois Scélérates :

  • L’embauche depuis 1981 de plus de 1,4 million de fonctionnaires et assimilés par le pouvoir socialiste. Rappelons que le coût cumulé de ces embauches à vie correspond exactement au niveau actuel de la dette de la France, soit 1850 milliards d’euros,
  • L’instauration des 35 heures qui a détruit la valeur travail et la motivation au travail, et qui a dégradé durablement les marges et la profitabilité des entreprises,
  • La retraite à 60 ans, qui a abimé un peu plus la valeur travail et qui a contribué lourdement à l’augmentation des charges et à celle de la dette.

 

A elles seules, les Trois Scélérates sont très largement responsables de la dérive des comptes publics et de l’alourdissement continu du poids des prélèvements obligatoires, passés en 30 ans de 45% à 56% du PIB, alors que l’Allemagne passait dans le même temps de 50% à 45%.

Viennent ensuite toute une série de mesures et de pratiques tout aussi dévastatrices :

  • La décentralisation mille-feuille dans sa version de gauche qui n’a fait que renforcer le clientélisme local et ajouter des couches de fonctionnaires territoriaux. Le tout évidemment dans un but purement électoraliste, la caste des élus locaux et de leurs dévoués votant massivement à gauche,
  • La destruction du dialogue social par des syndicats totalement politisés, et dont le pouvoir de nuisance est inversement proportionnel à la représentativité. Ces syndicats sont dirigés par des apparatchiks qui vivent grassement sur les fonds  publics et n’ont d’autres buts que de préserver les intérêts de leur caste. Leur crédo, n’en déplaise à Miss Pellerin, c’est la lutte des classes et leurs modèles sont Trotski et Chavez. Ils sont l’élément le plus conservateur et le plus archaïque de la société française. Louis Gallois doit avoir une vision bien idyllique et bien biaisée des syndicats pour proposer leur entrée dans les conseils d’administration,
  • La destruction de l’image de l’entreprise à la fois par les syndicats qui y travaillent et par les écologistes et les apôtres de la désindustrialisation. A en croire le diagnostic de Louis Gallois, ils ont bien fait leur travail,
  • Le dévoiement par la doctrine trotskiste de Mai 68 de toute une génération de parents, endoctrinés dans l’individualisme, l’hédonisme,  et le désintérêt du futur de la France et de leurs enfants. C’est ce même courant qui aujourd’hui promeut la destruction de la famille en voulant imposer le mariage gay : le plaisir d’une minorité est plus important que la cohésion de la société dans son ensemble,
  • Le dévoiement enfin de nos enfants par une main mise communiste et trotskiste sur l’enseignement et par la volonté de dégrader les valeurs de l’entreprise, du capitalisme et de la liberté individuelle.

 

Enfin, le coup de grâce pour l’industrie est venu de la destruction du désir de progrès, de l’aversion maladive au risque et du rejet de la science et de la technique.

  • Cela a commencé par l’émasculation par Mitterrand du Commissariat au Plan, confié à un inspecteur du travail particulièrement peu soucieux de l’industrialisation de la France,
  • Cela s’est poursuivi par la main mise insidieuse et continue des écologistes et des apôtres de la décroissance sur les grands services techniques de l’Etat. Ainsi, les DRIRE, à l’origine chargées de soutenir et de faciliter le développement industriel, se sont-elles transformées en DREAL, dont le seul but avoué est de faire respecter à la lettre des normes de plus en plus pointilleuses et de préserver l’environnement. L’emploi et le développement ne les intéressent plus,
  • L’enseignement technique et scientifique a été progressivement dévalorisé et notre système éducatif produit chaque année des hordes de généralistes, de littéraires, de sociologues, de pseudo-juristes, qui ne trouvent d’emploi que dans la fonction publique.

 

Mais le pompon toutes catégories revient à Chirac, qui a mis dans la constitution le funeste principe de précaution dont chacun peut apprécier aujourd’hui les effets dévastateurs sur la société française qui est devenue peureuse, frileuse, repliée sur elle-même et hostile au risque et au progrès. Alors que l’exploitation des gaz de schiste, le développement des OGM ou celui des nanotechnologies sont des facteurs formidables d’expansion économique dans le reste du monde, ces sujets sont tabous en France.

Gallois ne dit pas un mot de tous les sujets précédents. Tout au plus défend-il, bien mollement, les gaz de schiste. Mais personne n’est dupe : cette proposition n’a été mise dans le rapport que pour donner l’opportunité à Hollande de la renier immédiatement et d’envoyer  ainsi un signal d’allégeance au Khmer vert du sénat.

La mesure phare du rapport Gallois est en fait plutôt timorée : un allégement de 30 milliards des charges, c’est mieux que rien mais c’est tout de même très peu. En fait, cela ne fait qu’atténuer les hausses massives d’impôts sur les sociétés décidées par ailleurs. Mais le gouvernement s’est empressé de vider cette mesure de sa substance : ce seront 20 milliards, répartis sur 3 ans et avec un impact sur la trésorerie des entreprises en 2014. Cette trésorerie additionnelle sera ainsi disponible pour des investissements supplémentaires au mieux en 2015, qui porteront leurs fruits en 2016. . Et il paraît que la situation est grave et qu’agir est urgent (dixit Gallois) ! Qu’est-ce que ce serait si le gouvernement n’était pas pressé !

Un allégement des prélèvements sur les entreprises de 30 à 50 milliards (selon les économistes) est ce qui est nécessaire pour simplement maintenir le chômage à son niveau actuel. Sans aucune mesure ayant un impact avant trois ans, le chômage va continuer à augmenter de 300 000 demandeurs par an, soit près d’un million de chômeurs en plus en 2017.

Par ailleurs, la mesure telle que conçue par Ayrault servira plus le tertiaire que l’industrie. Or le tertiaire est beaucoup moins exposé à la concurrence externe que l’industrie et le tertiaire investit moins. Quand on sait qu’un emploi industriel nécessite en moyenne un investissement de 100 à 150 000 Euros, la création d’un million d’emplois nécessite de 100 à 150 milliards d’investissement. Les chiffres avancés par le gouvernement sont sans rapport avec l’ampleur du problème français.

Ceux qui vivent tous les jours les problèmes des entreprises, dirigeants, cadres, employés, ouvriers,  savent bien que le placebo que nous sert Ayrault n’aura aucun effet sur la compétitivité de la France.

Le message aux entreprises est clair : vous êtes là pour créer des richesses et nous sommes là pour les distribuer. Mais le point de rupture est proche et il faudra bien que quelqu’un prenne un jour des décisions véritables

DANTON

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8 réponses à Le rapport Gallois nous dore la pilule et Ayrault nous administre un placebo

  1. MARTIN 25 novembre 2012 à 06:57 #

    Je n’ai pas directement de réponse à laisser mais une question à poser et ne la poserai, dans un 2e temps, que s’il est dans vos dispositions de répondre à nos questions.

  2. makalu75 27 novembre 2012 à 16:47 #

    Excellent mais vous oubliez les régularisations massives de « sans papiers » commencées en 1981 !!!

  3. Jean 28 novembre 2012 à 10:57 #

    Est-ce vrai ?

  4. huntziger 13 décembre 2012 à 16:50 #

    la France ne pourra jamais remonter du fond de son trou, dans lequel elle continue d’ailleurs de s’enfoncer. Mission impossible. Tous en Belgique !

  5. Thierry 13 décembre 2012 à 19:58 #

    Huntziger, la Belgique, c’est de l’humour? Regardez donc les vidéos sur ce qu’est devenu Bruxelles…

  6. Anonyme 4 janvier 2013 à 02:47 #

    page de merde
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  7. alcy 23 mars 2013 à 20:57 #

    On augmente en juin de 30 milliards les charges des entreprises et en septembre on reverse par des aides 20 milliards payes par l’augmentation de la tva, donc
    Baiise du pouvoir d’achat

    On aurait pu rendre de la compétitivité aux entreprises sans augmenter la TVA en passant de 35h a 37 h

  8. Berto 1 avril 2013 à 09:43 #

    J’ai rêvé cette nuit que je proposais à Monsieur Bricolage de faire une grande campagne de pub avec la photo de Hollande en premier plan sous fond d’un magasin avec enseigne bien visible. Vous rigolez m’ont rétorqué les responsables, vous cherchez à nous couler ! Nos outils à nous fonctionnent très bien et vous voudriez que les consommateurs pensent qu’ils ne valent rien. M’étant sur cette dernière phrase réveillé, je me suis dit qu’au lieu de faire référence à une boite à outils, notre cher président aurait du s’appuyer sur une clinique spécialisée dans le traitement de l’obésité. Je suis certain que cela aurait fait germer dans sa pensée des idées nouvelles, et par exemple celle de faire un grand référendum national pour poser aux Français les questions essentielles : êtes vous pour ou contre l’allégement de la représentation parlementaire à la chambre des députés et au sénat ? Pour ou contre la suppression des conseils généraux ? pour ou contre la réduction drastique des fonctionnaires dans toutes les structures de l’état ? pour ou contre limitation de la fonction de député ou de sénateur à deux mandats ? Et comme les réponses ne font pas de doute, il lui aurait ensuite suffi d’appliquer le traitement préconisé par la vox populi qui, comme vous le savez tous, est la voix de Dieu. Ainsi serait née une France nouvelle, booster par la vigueur d’un amaigrissement réussi. Mais non, c’était une illusion. en fait, je ne m’étais pas réveillé. Je rêvais encore. Je rêve toujours…

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