« La Vérite, l'âpre Vérité »

Le scandale du financement syndical

  • 8 février 2012

 

Personne ne conteste plus le montant de 4 milliards d’euros consacré par l’Etat au financement des syndicats de salariés. Constatons d’abord que nous tous – chefs d’entreprise, artisans, professions libérales, agriculteurs, retraités,… – payons ces syndicats. Pourquoi ?

Le taux officiel de syndicalisation en France est de 7,5% des salariés, ce qui représente 1 900 000 syndiqués dont 200 000 retraités. Comme ces derniers sont en dehors du système productif, on peut les exclure. De plus nous savons tous que les centrales syndicales, pour muscler leurs faibles troupes, déclarent de 20% à 50% de syndiqués fictifs. Le nombre réel de syndiqués actifs et payant leur cotisation est ainsi de l’ordre de 1 million, soit 4% des 25 millions de salariés.  Chaque syndiqué réel et actif coûte ainsi 4 000 euros par an à l’état.

Chaque syndiqué cotise pour environ 1% de son salaire, soit à peu près 200 euros par an, fiscalement déductibles à hauteur de 66%. Faites le calcul : un syndiqué paie environ 70 euros par an et l’état paie pour lui 4000 euros par an, soit 57 fois plus !

Le récent rapport parlementaire sur le financement syndical laisse entrevoir que les sommes déclarées par les syndicats sont ridicules par rapport au coût réel pour l’état. Tout est obscur et la loi du silence règne.

Constatons une première chose : les activités syndicales paritaires sont rétribuées par les différentes caisses – et très bien rétribuées – et ne coûtent ainsi rien aux syndicats.

Il est difficile de penser que ces sommes considérables puissent être uniquement dépensées en salaires de permanents. Ceci d’autant plus que la majorité de ces permanents sont des fonctionnaires en détachement qui eux non plus ne coûtent rien aux syndicats. Le mystère est profond et la question est la suivante : où sont passés les 20 milliards d’euros donnés par Sarkozy durant son (premier) quinquennat aux syndicats ?

Celui qui nous donne la réponse aura droit à notre reconnaissance.

Au-delà du financement public, le racket syndical a aussi ses ramifications dans l’entreprise. Là aussi l’opacité est totale et aucune statistique fiable n’est publiée sur le sujet. On peut néanmoins évaluer le nombre de salariés syndiqués occupant des fonctions officielles de représentativité au sein des entreprises comme suit :

–       Délégués du personnel :   196 000,

–       Délégués au CE :                 180 000,

–       Délégués CHSCT :                  30 000,

–       Délégués syndicaux :                     160 000.

Le système des élections syndicales dans les entreprises privées a été fait pour exclure tous les indépendants qui sont évidemment beaucoup plus nombreux que les salariés syndiqués. Et tout ce beau monde a un droit légal de 10 à 20 heures de délégation par mois (3 à 7 semaines par an). Qui paye : soit les autres salariés qui travaillent à la place des « camarades syndiqués », soit l’employeur qui doit créer un sureffectif permanent et aléatoire puisque les heures de délégation sont déposées au dernier moment.

Pour ceux qui connaissent l’entreprise de l’intérieur, les délégués syndicaux se répartissent en plusieurs types :

–       « Les mal baisés », souvent gauchistes, qui veulent faire payer leurs problèmes personnels aux patrons – vous savez ces types qui ont un chapeau haut de forme et un cigare. Ils sont souvent affiliés à un parti de gauche contestataire qui les forme,

–       « Les gens honnêtes », qui se battent vraiment pour les salariés et qui sont souvent récents dans leur fonction. Ils sont peu nombreux, mais heureusement, ils existent,

–       « Les bulleurs », très grande majorité qui a trouvé là un moyen d’en faire le moins possible. Ils ont transformé leur délégation syndicale en mode de vie. Les temps de délégation servent avant tout au bullage, au repos du guerrier, aux affaires personnelles, voire au travail au noir. La dérive augmente petit à petit avec l’ancienneté dans la fonction,

–       « Les planqués », qui se font nommer délégués syndicaux pour ne pas se faire virer pour faute grave. Grâce à un habile système de chaises musicales, plusieurs employés peuvent ainsi être « protégés » pour chaque syndicat. Ce sont les plus mauvais que l’on retrouve dans cette catégorie.

Dans la plupart des cas les patrons ferment les yeux sur les dérives de ces « zozos » afin d’éviter les conflits. Ils acceptent ainsi les dérapages en tout genre, l’explosion des heures de délégation, les formations bidons rémunérées – et souvent dispensées par des proches – les participations aux congrès, les réunions diverses et toutes les ventes de tee-shirts « à la Balladur »…

De plus le patronat a un moyen d’amadouer cette caste syndicale en augmentant les cotisations aux CE au-delà du minimum conventionnel. Et cela en toute légalité puisque ces dotations constituent des niches fiscales officielles qui sont in fine payées par tous les contribuables. Et là, nos amis syndiqués s’en donnent à cœur joie. On connaît les abus de biens sociaux et détournements en tous genres des CE d’EDF, de GDF, d’Air France, de la SNCF ou de la RATP. Globalement, il est difficile de connaître le montant total des sommes versées en exonération fiscale aux CE. On ne connait pas non plus ce qui est détourné à titre personnel ou au profit des syndicats. Une estimation a été faite à 2 milliards d’euros par an. Comment la confirmer ?

Et évidemment les CE permettent de caser femmes, enfants et neveux des dirigeants syndicaux au cœur pur et à l’éthique sourcilleuse. Que n’entend-on pas quand un chef d’entreprise embauche sa femme ou ses enfants ?

Et puis il y a les fonds secrets des entreprises utilisés pour la « lubrification syndicale ». Le magot de l’UIMM a été découvert mais il ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Toute organisation patronale confrontée à une grève sait bien que c’est l’épaisseur de l’enveloppe de billets de 50 euros (les plus discrets) qui fait l’accord de sortie de grève. Evidemment ce ne sont pas Thibault, Chérèque ou Mailly qui vont toucher directement cet argent. Ils sont bien sûr totalement innocents à titre personnel. Et ils ne sont bien sûr pas responsables quand de leur main gauche ils soutiennent des troupes qui s’enrichissent à bon compte. Certaines sommes ne sont pas négligeables. Elles se situent habituellement en dizaine de milliers d’euros, parfois en centaines.

Il y a enfin les systèmes crapuleux de détournement de fonds des entreprises ou des CE. Sea France est un exemple de cette coupe en règle d’une société au profit de quelques syndicalistes mafieux. Leur hiérarchie les a lâché mais couvre les exactions bien plus graves qui se déroulent ailleurs, à la SNCM, la SNCF, la RATP, le syndicat du livre, les dockers, les contrôleurs aériens, Air France,…

Une autre pratique honteuse consiste à faire rétribuer par les syndicats les jours de grève. Avec 70 euros de cotisation par an, certains syndiqués se font payer 20 jours de grève par an. Une loi a été passée relative au non-paiement par l’état des jours de grève mais nos amis les syndicats ont trouvé 5 ou 6 moyens pour la détourner (voir l’excellent article de l’IFRAP sur le sujet). Certains grévistes arrivent à gagner plus en grève qu’en travaillant ! Quand les syndicats nous expliquent que c’est avec les cotisations qu’ils payent les jours de grève, ils nous prennent pour des abrutis.

Mais à quoi servent vraiment ces quelque 6 milliards par an attribués par l’état et par les entreprises aux syndicats ? Pourquoi la collectivité consacre-t-elle un tel effort à cette action ? A quoi servent en fait les syndicats de salariés ? La réponse spontanée de la plupart des chefs d’entreprise serait « à nous emmerder », mais ce n’est pas suffisant.

L’essentiel de cette manne sert évidemment à l’action politique et à l’organisation de la contestation dans la rue, dans les entreprises, dans les ministères. La manne syndicale n’est qu’un financement occulte des partis politiques de gauche car c’est toujours la gauche qui renvoie l’ascenseur et permet à des fonctionnaires toujours plus nombreux de profiter du travail des autres. Où en est la neutralité syndicale ? Quelle mascarade. Au moins Thibault, en s’affichant ouvertement avec Mélenchon, laisse-t-il tomber le masque de l’hypocrisie. Chérèque aurait pu aller à la grand-messe de Hollande.

Comme nous le savons, les mafias italiennes ont pour origine les syndicats ouvriers agricoles créés pour lutter contre l’exploitation par les propriétaires terriens du sud. De même, une partie de la mafia américaine trouve son origine dans les syndicats de routiers.

En France, comme en Italie, le pactole reçu sans contrepartie par les syndicats a généré une dérive mafieuse entretenue par cet argent facile et sans but. La tentation de détournement est trop grande pour que des âmes faibles puissent y résister. Ce ne sont pas Thibaut, Chérèque ou Mailly qui vont changer un système dont ils profitent pleinement.

Les responsables syndicaux de tous niveaux nagent en permanence dans la magouille, l’abus de biens sociaux et le détournement. Cette mafia ne fait que gagner en puissance au fur et à mesure que les subventions s’accroissent.

Il faudra bien un jour nettoyer ces porcheries syndicales construites sur une éthique qui n’est même plus un souvenir pour ces gens.

Plusieurs mesures pourraient être prises :

–       revenir à un financement des syndicats par leurs seules cotisations,

–       plafonner le budget des CE,

–       réduire massivement les allocations de tout genre au syndicalisme.

Au moment où l’Etat doit faire des économies drastiques pour boucher les trous béants laissés par la gestion socialiste et ses embauches massives de fonctionnaires, commençons enfin à nous attaquer aux niches syndicales. Alors que des PME/PMI font faillite pour quelques dizaines de milliers d’euros, nos impôts ne seraient-ils pas mieux utilisés à les aider qu’à gaver les syndicats ? Est-il normal que les impôts de tous servent à financer 20 milliards d’intérêts particuliers sur un quinquennat ?

Quoiqu’on en pense, les syndicats en France sont devenus une force conservatrice, militant pour le maintien des droits acquis et servant surtout à bloquer le système. L’argent des syndicats ne serait-il pas mieux utiliser en investissement productif ?

 

DANTON

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  1. bonne annalye il faut arreter les corporatismes

  2. et la QUINZAINES de châteaux… qui sont bien a EUX ? comment, on t « il réussie a se les PAYERS ?

  3. A la tête d’une toute petite propriété viticole je ne peux que confirmer l’aberration du système syndical ainsi dans notre profession nous sommes contraint de verser des sommes toujours grandissantes à divers syndicats :
    -cotisations volontaires obligatoires, non sens sémantique…aux différentes interprofessions
    -Provea taxe retirée à tous les salariés agricoles
    -15% de la taxe ADAR
    J’en oublie sans doute.
    Toutes ces taxes indument distribuées aux syndicats plombent progressivement la trésorerie des petites entreprises afin d’assurer un certain confort aux bulleurs et aux planqués.
    En ce qui nous concerne nous aimerions embaucher un ouvrier agricole mais en raison de la ponction chronique de nos revenus cela nous est impossible.
    Ainsi en voilà un qui restera au chômage. Merci les syndicats.
    Je n’en écris pas plus!

  4. Mettez les syndicalistes verreux à la porte, n’oubliez pas
    les patrons surtout, à moins qu’ils ne vous fassent peur !
    souvent les gens qui critiquent les syndicats ouvriers
    sont des planqués à la solde du patronnat, comme dirait
    Gabin « salauds de pauvres ».

  5. Une histoire vraie … 2004 la société ayant une usine en Normandie est rachetée par un groupe Américain. En Juin , le board décide de profiter de l’évènement anniverssaire du débarquement pour venir et visiter leur nouvelle acquisition.
    La CFDT , présente avec 8 membres sur les 80 personnes du site, fait savoir aux Américains qu’ils peuvent toujours venir devant l’usine mais qu’ils n’y rentreront pas … Pourtant aucune revendication sociale des employés n’est connue !
    Les Américains en prennent bonne note et le font savoir …
    en 2009, l’usine ne fabriquant plus que des produits devenus obsolètes ferme définitivement et ses matériels de production transférrés en Allemagne …
    L’entreprise avait une politique salariale équitable sur l’ensemble du territoire ce qui fait qu’un salarié normand avait le même salaire que son homologue de Paris … C’était pas le Pérou, mais ç’était un avantage non négligeable et qui faisait que nous n’avions aucune peine à recruter !
    Un CE organisant des voyages, une mutuelle, une politique claire et définie de formation et de valorisation des employés… Bref, ça n’était pas nécessairement le bonheur, mais ça y ressemblait un peu …
    Un grand merci à la CFDT qui a mis sur le paille 80 personnes dont 10 handicapés moteurs dans une région ou il y a 25% de chomage !

  6. et personne ne parle de ce cher monsieur CHEREQUE qui est au gouvernement maintenant !!! il pouvait soutenir hollande,on sait pourquoi maintenant!
    et personne ne dit RIEN ,

  7. tout a fait exact

  8. L’argent donné aux syndicats, quelque soit leur nom, est un veritable camouflet pour les salariés qu’ils ne defendent même plus…
    Si autrefois entrer dans un syndicat voulait dire defendre les salariés, aujourd’hui, les syndicats sont achetés et mis sur des postes ou ils ne doivent pas faire de vagues en echange de ce cadeau ! S’il reste des syndicalistes honnetes, et courageux, les autres sont à mettre à la poubelle ! !

    Tous les syndicats ayant poussé les salaries à faire des greves, à répétition, n’ont reussi que deux choses :

    – partir avec une belle enveloppe financière avant le chaos
    – et faire fermer les entreprises de ma ville !

    L’argent pourrit tout et surtout les mentalités….Pauvre monde !

    Marie51

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