Comment Mitterrand a détruit l’industrie française

 

De Gaulle et Jean Monnet avaient créé en France les Plans Quinquennaux, dont l’élaboration était confiée au Commissariat au Plan. De 1946 à 1981 se sont succédés des Commissaires au Plan de valeurs qui ont conçu et mis sur les rails toutes les filières d’excellence françaises : TGV, Airbus, Arianespace, Nucléaire, Mines, Pétrole, Chimie, Pharmacie, Automobile.

Ces plans étaient mis en œuvre par des ingénieurs et scientifiques de haut niveau (Polytechnique, Normale Sup, Mines de Paris, Centrale, Chimie Paris, Arts et Métiers) qui ont travaillé sous la responsabilité de Commissaires très compétents et souvent visionnaires : Jean Monnet, Etienne Hirch, François Xavier Ortoli, René Montjoie, Michel Albert.

Le but était alors de créer des filières d’excellence et de générer des investissements productifs en France. Si nous prenons l’exemple de la chimie, une industrie puissante a été créée en fusionnant Rhône-Poulenc, Progil, Ugine Kuhlmann et d’autres acteurs plus modestes. Cet ensemble avait alors la même taille que les géants allemands du secteur, BASF, Bayer et Hoechst. Aujourd’hui Rhodia (avant son absorption par Solvay) pèse 5 milliards d’euros alors que BASF a un chiffre d’affaires de 75 milliards. Comment un tel décalage a-t-il pu se produire ?

En 1981, Mitterrand arrive à l’Elysée et doit consolider le pouvoir socialiste. Pour cela il utilise deux leviers principaux : les nationalisations (investissement totalement improductif pour l’Etat) et l’embauche massive de fonctionnaires. L’ambition de promouvoir l’industrie et les investissements productifs est jetée aux oubliettes. Il nomme alors comme Commissaire au plan Lucien Prévôt (1981-1984). Qui est ce Lucien Prévôt ? C’est un syndicaliste qui a été mis à la tête de la « Conférence permanente des coordinations associatives » (ca ne s’invente pas !) et de l’association Primo Levi qui s’occupe des immigrés qui ont été torturés. Il a fait l’ENA par le 3ème concours (la porte de service réservée aux syndicats). Il a comme fait d’arme d’avoir espionné Rocard sous un pseudonyme (Jacques Malterre) et d’avoir été au Secrétariat Confédéral de la CFDT. Bref, le profil idéal pour conduire la politique industrielle française !

Lucien Prévôt est chargé d’élaborer un 8ème plan, qui n’est pas même présenté au parlement. La mission que lui confie Mitterrand est la suivante : « relance par la consommation décentralisée et contractuelle, lutte contre l’inflation, réduction des investissements au niveau de 1975 ». Tout est dit : Mitterrand avait décidé d’effacer l’effort d’investissement de l’ère Giscard et d’utiliser l’argent de la modernisation de la France à s’acheter des voix en embauchant des fonctionnaires.

Les brillants ingénieurs ont disparu au profit de la nomenklatura socialiste et des syndicalistes. Le Plan n’avait plus lieu d’être. Merci Mitterrand.

Et Hollande se situe dans la droite ligne de son mentor : dans son programme, on réduit les investissements et on accroît les dépenses de fonctionnement. C’est ce qu’il a fait en Corrèze, qui est devenue sous son règne la Grèce de la France, réduite à faire la manche pour survivre.

DANTON

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