Comment les 35 heures ont tué la recherche privée française

 

En prenant le pouvoir en 1981, les socialistes français ont durablement abimé l’un des ressorts les plus précieux de notre pays : le goût pour l’effort et le sens du devoir. Deux lois ont suffi pour faire dérailler le pays : les 35 heures et la retraite à 60 ans. L’effet dévastateur de ces lois est largement sous-estimé. Les effets mécaniques ont été dans une large mesure corrigés par Sarkozy mais ces lois ont changé les valeurs d’une grande partie des français. Pour beaucoup de français, ce n’est plus le résultat de leur travail qui compte, mais le fait d’avoir effectué le nombre d’heures légal. Qu’importe que le but ne soit pas atteint, pourvu que le temps de présence soit respecté. Ce phénomène est dévastateur car il a cassé le dynamisme du pays et a rongé sa compétitivité. Sarkozy a voulu changer cet état d’esprit en prônant le travailler plus pour gagner plus mais il n’a fait qu’érafler la surface de la plaie car le mal est trop profond.

La recherche est l’un des secteurs qui a été le plus dévasté par les 35 heures car par définition l’activité de recherche ne s’accommode d’aucune contrainte horaire.

Ceux qui ont connu la recherche française il y a   20 ou 30 ans savent bien que les chercheurs étaient alors passionnés. On leur donnait un but à atteindre et ils considéraient que c’était leur devoir de réaliser les avancées nécessaires pour le progrès de leur entreprise. Leur temps de travail variait entre 40 et 60 heures par semaine et ils ramenaient chez eux des revues professionnelles et des livres techniques qu’ils n’avaient pas le temps de lire au travail.

Aujourd’hui la plupart des ingénieurs ou universitaires qui arrivent dans une entreprise commencent par s’enquérir des horaires de travail et des jours de RTT. Comme nous le savons (peut-être) le temps de travail hebdomadaire est devenu élastique et les 10 à 20 jours de RTT permettent de compenser le dépassement par rapport aux fameuses 35 heures. Certains ingénieurs ont donc maintenant près de 10 semaines de vacances par an ! Un tel niveau frôle l’absurdité. Le même ingénieur français qui fait ses études aux USA et décide d’y travailler commencera sa carrière avec 2 semaines de vacances.

Que fait un ingénieur de recherche pendant ses 35 heures hebdomadaires ? Si on tient compte d’un temps d’absentéisme moyen dans le privé de 6%, son temps de travail hebdomadaire est ramené à 32 heures.

Tout ingénieur de recherche est amené à se déplacer pour assister à des congrès et à des réunions diverses avec des collègues, des clients, des fournisseurs. Ces réunions, bien qu’utiles, ne constituent pas un travail productif de recherche. Si on considère une moyenne de 20 jours de déplacement par an, le temps effectif moyen consacré à la recherche est d’environ 28 heures par semaine.

Pour se tenir informer de l’état de la technologie ou des avancées de la concurrence, un chercheur a besoin de 10 à 20 heures de travail par semaine. En effet, il est devenu essentiel aujourd’hui de commencer toute recherche sur un thème nouveau par une prise de connaissance de l’état de l’art et des brevets existants. Les brevets sont souvent américains, japonais et de plus en plus chinois. Quand il s’agit de brevets chinois, il faut commencer par lire les sommaires d’une vingtaine de documents et faire traduire les plus intéressants. Au total chaque sujet nécessite la lecture de 5 à 20 brevets qui ont chacun 10 à 100 pages. Au-delà des brevets, il faut rechercher les informations techniques, commerciales, statistiques sur le sujet d’intérêt. Alors que l’information est de plus en plus vaste, cette composante du travail de recherche est devenue très chronophage. Les chercheurs français ont tendance à bâcler cette phase de recherche bibliographique et de recherche de brevets, qui est pourtant la base même de l’efficacité dans une logique d’industrialisation future. Ce point est particulièrement vrai pour la recherche publique, où le brevet est souvent considéré comme un élément capitalistique de protection dont on peut se passer. Cette logique conduit souvent à réinventer l’eau tiède.

In fine, le temps que notre chercheur peut effectivement passer à des activités de recherche originale qui permettront de déposer des brevets pour son entreprise est compris entre 8 et 18 heures par semaine.

Or, l’activité de recherche pour être productive nécessite a minima une trentaine d’heures de recherche véritable par semaine. C’est ce que faisaient les chercheurs français il y a 20 ans et c’est ce qui est devenu impossible avec les 35 heures.

De plus, si tous les chercheurs suivaient à la lettre les préceptes socialistes, plus aucun chercheur n’emporterait du travail chez lui. Martine a dit que c’était du temps de loisir et que l’entreprise n’a pas à le voler. Heureusement, il reste encore des ingénieurs et des chercheurs consciencieux qui n’adhérent pas aux doctrines déclinistes des socialistes et qui travaillent chez. Malheureusement, il n’existe pas de moyens légaux d’augmenter effectivement le temps de travail en entreprise puisque la loi impose de compenser en RTT tout dépassement au-delà des 35 heures.

La vérité est simple : la loi sur les 35 heures est tout simplement incompatible avec l’activité de recherche. A terme, si elle est maintenue, elle tuera la recherche française.

Heureusement, il reste en France des gens passionnés qui ne comptent pas leur temps. Demandez à nos Prix Nobel ou à nos Médaille Fields s’ils respectent les 35 heures ! D’ailleurs, sur un sujet connexe, regardez combien d’heures par semaine travaille un étudiant en classe préparatoire qui veut réussir à intégrer les meilleurs écoles :

–       Environ 40 heures de cours,

–       3 heures de colle,

–       4 heures de devoir surveillé en général le samedi,

–       10 heures de travail personnel les soirs de semaine,

–       8 heures de travail personnel le week-end,

Soit une semaine de 65 heures !

 

Evidemment, les socialistes et leurs relais trotskistes du Monde de l’Education ne cessent de vouloir détruire les classes préparatoires. Pour eux, ce ne sont que des nids de réactionnaires qui osent travailler plus de 60 heures par semaine. Non seulement, ils donnent le mauvais exemple mais en plus ils apprennent le goût de l’effort ! Une double hérésie.

 

Les socialistes en France n’ont aucune idée de la manière dont fonctionne vraiment une entreprise. Ils sont quasiment tous issus de l’enseignement, de l’administration ou des collectivités territoriales. Quand ils parlent de réindustrialiser la France ou de donner la priorité à la recherche, ils utilisent des mots qui chez eux sonnent totalement creux car ils n’ont aucune idée des réalités sous-jacentes.

 

En France aujourd’hui, les forces vives qui créent la richesse de la nation sont de plus en plus isolées. La grande majorité de la fonction publique n’en fait plus partie et dans le secteur privé, tout est fait pour que la compétitivité et le dynamisme soient cassés : les syndicats et les inspecteurs du travail sont là pour noyauter le système et empêcher ceux qui le voudraient de travailler et de réussir.

Citons Adrian Rogers : « Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation ».

DANTON

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10 réponses à Comment les 35 heures ont tué la recherche privée française

  1. Anonyme 13 décembre 2013 à 20:21 #

    les 35 h sont un desatre pour tous le mondes je pensse que si une personne veut en travailler 50 ou 60 par semaine ses sont droit

  2. ipazia 22 juillet 2014 à 18:34 #

    Rome, le 22 juillet 2014

    Cher Mr. Danton,
    Enfin une analyse correcte , tous mes compliments.
    En 70 tours de mon étoile j’en ai vu des choses avec le socialisme et malheureusement ce n’est pas fini !
    Bien cordialement .
    Ipazia

  3. Tucholsky 12 octobre 2014 à 17:59 #

    Chercheur (PhD) en Suisse:
    13h30 au labo chaque jour, aussi le samedi, souvent le dimanche.
    Les revues, l’évaluation, la rédaction pendant la première partie de la nuit.
    Congé? 2 semaines par année.
    Salaire? 2000€, ce qui n’était pas si mauvais comparé au taux français, mais le coût de la vie à Zurich……..
    Oui les Français devraient bosser plus, et cela commence par un bac sérieux!

  4. Colibri 12 octobre 2014 à 19:18 #

    Les 35 Heures ont tout tué pas spécialement la recherche.
    La recherche en France est morte quand les connards gauchisants ont voulu réduire le train de vie des laboratoires en supprimant sous Tonton 1Er tous les avantages ,cadeaux ,voyages ,primes spéciales etc….
    On était le troisième Pays découvreur de nouvelle molécule pharmaceutique on est les 17° actuellement.

  5. Germain 12 octobre 2014 à 22:01 #

    Je ne pense pas que les Francais constituent deja une majorite consciente de la ruine qu’a represente la mesure des 35 heures pour tous – merci Jospin, merci StausKahn, merci la mere Aubry et merci Chirac- Sans quoi Sarko ne se serait pas prive d’abolir une mesure aussi inepte. Il ne l’a pas fait hier. Le fera-t-il demain? Rien n’est moins sur.

  6. Phoque ça pète! 12 octobre 2014 à 23:51 #

    Les 35 heures ou prétendues telles ont surtout servi de prétexte pour bloquer les salaires et faire baisser les salaires à l’embauche pour préparer les esprits aux camps de concentrations à la Angela MERKEL

  7. Anonyme 13 octobre 2014 à 08:14 #

    En 1991 je gagnait 17.000 francs par mois ce qui était un super salaire
    23 ans plus tard je gagne 1700 € = ~11.200 francs pour le même travail et avec un tel revenue les fin de mois son loin d’être facile.Merci les politiques qui on vendu le pays a l’arrogance américaine et a l’oligarchie financière, en 2017 je serait au premier rang en espérant votre condamnation pour haute trahison!

  8. Anonyme 28 décembre 2015 à 13:20 #

    En réalité, en prépa, 10h les soirs de semaine est un strict minimum devant la charge de boulot (J’ai personnellement culminé à 32-34h soit 6,5h par soir, donc couché à 1h-2h du matin, avec un minimum de 20h, soit 4h de travail par soir de semaine, incluant vendredi).
    Pour le reste, globalement d’accord sur le boulot de prépa.

  9. arabal 28 décembre 2015 à 18:45 #

    @Phoque ça pète!

     »…Les 35 heures ou prétendues telles ont surtout servi de prétexte pour bloquer les salaires et faire baisser les salaires à l’embauche pour préparer les esprits aux camps de concentrations à la Angela MERKEL….. »

    Oui avec la bénédiction des socialistes ….Martine Aubry qui a préparé le travail de rouleau compresseur qui se termine avec la LOI Macron ….ou comment on dirige tous de la même manière mais pas avec la même BANDE DE VOYOUS DE LA  »RIPOUBLIQUE »

  10. Anonyme 16 juin 2016 à 00:35 #

    35 heures c’est beaucoup trop!25 serait plus raisonnable,ça donnerait du boulot à beaucoup plus de gens,il faut savoir partager!!

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