L’affaire des sous-marins de Malaisie (suite de l’Affaire Karachi)

  • 9 janvier 2012

 

L’affaire Karachi implique la droite et fait la une de tous les medias de gauche. L’affaire des sous-marins de Malaisie implique la gauche et personne n’en parle.

 

En 2002, la DCNI et Thalès ont vendu deux sous-marins de type Scorpene et un sous-marin de type Agosta à la Malaisie pour 1 milliard d’euros. La société Armaris, filiale commune, a été chargée de verser les commissions correspondantes. Trois commissions ont été versées :

–       Une commission « officielle » de 114 millions d’euros, versée au Ministre de la Défense malais, Najib Razah, et à ses amiraux,

–       Une commission « de service » de 30 millions d’euros, versée à la société Gifen basée à Malte, spécialisée dans l’alimentation des caisses noires des partis politiques et notamment du parti socialiste,

–       Une commission « argent de poche » pour faire passer une pilule technique sur ces sous-marins.

 

Le premier problème avec cette affaire est que la France a signé en 2000 les accords OCDE de lutte contre la corruption qui interdisent le versement de toute commission « officielle ». Dans l’affaire Karachi, la commission « officielle » était a contrario parfaitement légale du point de vue français. Le second problème est que Najib Razah est devenu entre-temps Président de la République de la Malaisie et qu’il ne veut pas se faire éclabousser par cette affaire.

 

Comme souvent ce type d’affaire n’est pas très propre et mélange sang et argent. La call-girl qui avait servi de facilitatrice a été assassinée. Elle avait, semble-t-il un gros appétit financier.

 

Qui a autorisé le versement de ces commissions en 2002 ? Lionel Jospin était alors au pouvoir et Alain Richard était Ministre de la Défense. Parmi les membres du gouvernement de l’époque figuraient Ségolène Royal, Elisabeth Guigou, Claude Bartolone, Yves Cochet et Michel Sapin. Evidemment personne au gouvernement n’était au courant des commissions…

 

Hollande, n’était pas au gouvernement puisqu’il n’a jamais eu aucune responsabilité gouvernementale. Mais il dirigeait le Parti Socialiste et à moins d’être un autiste ou un neuneu, il était forcément au courant d’une affaire de cette importance. Les rétro-commissions versées par Gifen ? Personne n’en a entendu parler au PS ! Il est vrai que Hollande n’a pas été informé de l’affaire par Lettre Recommandée avec accusé de réception. Il peut donc toujours nier.

 

La justice s’est finalement mise lentement en route en 2009, suite à la plainte d’une association malaise, et une perquisition a eu lieu dans les locaux de la DCNI fin mai 2011. C’est curieux, mais ni Le Monde, ni Mediapart, ni Rue 89, ni Marianne, ni Libération – pourtant prompts à révéler les secrets des instructions en cours – n’ont jugé bon de parler de cette affaire. Allez savoir pourquoi…

 

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