« La Vérite, l'âpre Vérité »

Durée du travail ou comment les socialistes ont ruiné la France

  • 18 janvier 2012

 

Hollande vient de féliciter Martine Aubry pour avoir introduit les 35 heures et ses alliés Verts exigent le passage aux 32 heures. Or la durée effective du travail est l’un des principaux handicaps actuels de la France comme vient de le montrer l’excellente étude de Coe-Rexecode.

 

Coe-Rexecode a en effet fait réaliser par Eurostat une étude qui permet de comparer les durées effectives annuelles de travail dans les différents pays de l’Union Européenne. En France, les syndicats ou la gauche utilisent souvent un indicateur trompeur, la durée moyenne par semaine. Cet indicateur ne prend en compte que les semaines effectivement travaillées et ignore ainsi toutes les absences pour congés. L’indicateur Coe-Rexecode est le seul à refléter la quantité effective de travail produite par an. Il est du reste très proche des données de l’INSEE.

 

Les résultats sont sans appel et à vrai dire tout à fait conformes à ce que les Français savent bien au fond d’eux-mêmes : la durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps plein en France est la plus faible d’Europe (avec la Finlande). Un salarié français travaille 1 679 heures par an, soit une moyenne hebdomadaire de 32,3 heures. Par comparaison un salarié allemand travaille 1 904 heures, soit 36,6 heures par semaine. Le meilleur élève de la classe européenne est la Roumanie avec 2 095 heures de travail par an. Aux Etats-Unis, la durée effective de travail est de 2 168 heures par an, soit 41,7 heures en moyenne hebdomadaire. En moyenne, chaque semaine un salarié français travaille ainsi 4,3 heures de moins qu’un Allemand et 9,4 heures de moins qu’un Américain.

 

Sur une vie de travail de 40 ans, un Français aura ainsi travaillé effectivement 5 ans de moins qu’un Allemand et 11 ans de moins qu’un Américain !

 

Autre record européen détenu par la France : c’est en France que la durée effective annuelle a le plus diminué depuis 1999 (-271 heures annuelles, soit 5,2 heures perdues chaque semaine). Merci Martine et François !

 

Comme le souligne l’étude Coe-Rexecode, les socialistes ont pour le coup tenu leurs promesses : « la réduction de la durée légale du travail de 39 heures à 35 heures a atteint son objectif et entraîné une forte diminution de la durée effective du travail des salariés, la plus forte baisse de tous les pays européens. La baisse de la durée du travail a cependant manqué l’objectif de création d’emplois et de partage du travail. En limitant la quantité de travail, une partie de nos atouts démographiques a été perdue, ce qui a bridé le pouvoir d’achat par habitant ».

 

La comparaison avec l’Allemagne est éloquente. Entre 1999 et 2010, la population en âge de travailler a baissé de 2,9% en Allemagne mais elle a augmenté de 7,8% en France. Ce qui aurait dû être un avantage français a été transformé par les socialistes en handicap : avec les 35 heures, le volume total d’heures travaillées en France a en fait baissé de 1% entre 1999 et 2010. Résultat : alors que le pouvoir d’achat des allemands a progressé de 13,3% entre 1999 et 2010, celui des français n’a progressé que de 7,3%.

 

En d’autres termes, les 35 heures ont appauvri la France et les français.

 

L’étude de Coe-Rexecode décrit une situation bien noire de notre pays, mais elle est en fait optimiste ! En effet elle compare les temps de « travail effectif », en d’autres termes les temps de présence sur le lieu de travail, et non les temps de « travail efficace ». Or, pour des raisons diverses souvent de nature culturelle, le facteur d’efficacité – c’est-à-dire le pourcentage du temps de présence qui est réellement travaillé – varie fortement d’un pays à l’autre et la France est en queue de peloton. Une étude américaine de 2005 comparant l’Europe et les Etats-Unis avait identifié les facteurs d’efficacité suivants :

–       France :          67%,

–       Allemagne :  76%,

–       Etats-Unis :   84%.

 

En appliquant les facteurs précédents aux données de l’étude Coe-Rexecode, on obtient les durées annuelles de travail efficace suivantes :

–       France :          1 125 heures,

–       Allemagne :  1 447 heures,

–       Etats-Unis :   1 821 heures.

 

Le travail utile produit par un salarié Allemand est ainsi supérieur de 29% à celui produit par un salarié Français. Si on compare un Français et un Américain, l’écart est de 62%, ce qui astronomique ! Comment les sociétés privées françaises peuvent-elles s’en sortir avec une telle différence de productivité ?

 

Heureusement pour nous, le travail effectif dans les sociétés privées françaises est bien supérieur aux chiffres précédents qui correspondent à une moyenne nationale et qui intègrent donc le secteur public. Or le secteur public représente en France 26% de la population active, contre 11% en Allemagne et moins de 7% aux Etats-Unis. Nul ne conteste, pas même les syndicats, que la productivité dans le public est plus faible que dans le privé. Par ailleurs, le taux d’absentéisme moyen en France dans le privé est de 6%, contre 13% dans le public (avec des pointes à 25% dans certaines collectivités locales).

 

Pour avoir une idée de l’écart public-privé, il suffit de prendre les chiffres de l’étude Coe-Rexecode concernant les non-salariés, qui par définition sont tous dans le privé. Là, miracle, la France arrive en tête de peloton. Avec une durée effective annuelle de 2 453 heures pour les travailleurs non-salariés, la France se situe au troisième rang européen, juste derrière l’Allemagne (2 459 heures) et l’Autriche. La durée effective annuelle de travail des travailleurs français non-salariés est ainsi supérieure de près de 50% à ceux des salariés. Cet écart n’était que de 26% en 1999.

 

Plusieurs études de l’INSEE ont montré que la durée de travail des non-salariés est proche de celle des cadres du privé. Par ailleurs, la durée effective annuelle d’un chef d’entreprise est estimée à 2 850 heures. L’INSEE avait publié en 2003 une étude montrant que la durée effective annuelle des salariés du public était de 1 440 heures. En considérant que le poids du public est de 26% en France, la durée effective moyenne des salariés du privé est de 1 760, ce qui conduit à la moyenne de 1 679 publiée par Coe-Rexecode.

 

Résumons la situation française :

–       Durée annuelle effective des salariés du public :     1 440 heures

–       Durée annuelle effective des salariés du privé :       1 760 heures, (+22% / public)

–       Durée annuelle effective des cadres du privé :          2 453 heures, (+70% / public)

–       Durée annuelle effective des non-salariés :               2 453 heures, (+70% / public)

–       Durée annuelle effective des chefs d’entreprise :     2 850 heures, (+98% / public)

 

Tout est dit dans ce tableau : le public plombe la France et si le pays est encore debout, c’est uniquement parce que le reste de la population essaie de compenser.

Comme nous l’avions écrit (voir « Comment le poison socialiste a anesthésié la France »), la société française s’est scindée en deux : ceux qui travaillent pour créer de la richesse et ceux qui manifestent pour en profiter.

Les socialistes ont inversé les valeurs dans notre pays : on est passé d’une société du devoir à une société du droit. Le droit à ne travailler que 35 heures (demain 32 ?) ou à partir en retraite à 60 ans est plus important que le devoir d’accomplir son travail et de mener jusqu’au bout la tâche pour laquelle on est payé. Pour les socialistes, faire son travail ne consiste plus à atteindre un but, c’est juste faire un nombre d’heures suffisant. Plus grave encore : avec cette inversion des valeurs, la motivation au travail s’en est allée. Les personnels dépriment, se mettent en arrêt maladie et travaillent encore moins. Les chefs d’entreprise sont ceux qui dépriment le moins (ils n’en ont pas le temps…).

Si les socialistes reviennent au pouvoir, que se passera-t-il ? Ils augmenteront le poids du secteur public et ils taperont à grand coup de massue fiscale sur ceux qui créent la richesse.

Le résultat ? Ecoutons Adrian Rogers : « Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation ».

Bernard Accoyer a peut-être eu tort de parler de guerre mais il a bien raison de dire que si les socialistes reviennent au pouvoir ils détruiront tout aussi surement le pays.

DANTON

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3 commentaires actuellement

  1. je pense que la mesure du temps passé à travailler n’est effectuée que sur les ETAM.
    Les 35h et la rentabilité personnelle je connais, je suis cadre et n’ai jamais déclaré une heure supplémentaire de toute ma vie professionnelle…. et les 35h c’est le nombre d’heures que je dors par semaine pour toucher mon salaire et atteindre les objectifs qui me sont assignés.
    De toute façon même si j’avais envie de déclarer des heures supplémentaires le système de saisie de mon activité mensuelle ne le permet pas, justement parce que je suis cadre (convention Syntec merci!!)
    Je n’en tire aucune gloire, je sais être loin de naviguer en solitaire sur le sujet, simplement c’est un paramètre qu’il ne faut pas négliger. Regardez les éclairages des bureaux à la Défense vers 22h, et vous verrez qu’il y en a pas mal qui restent allumés, et pas forcément par l’action des personnels de nettoyage.
    Par contre le point positif c’est les RTT, 10 jours par an c’est pas négligeable.

  2. Vous dîtes : « Le droit à ne travailler que 35 heures ou à partir en retraite à 60 ans est plus important que le devoir d’accomplir son travail et de mener jusqu’au bout la tâche pour laquelle on est payé »

    Insinuez -vous qu’en bossant 35 heures par semaine, le salarié n’a pas mérité son salaire?

    Avec le progrès technique, la machine remplace l’humain. On peut donc réduire le temps de travail sans baisse de revenus.

    Par contre, vous défendez dans vos articles la toute petite minorité de personnes qui, déjà riche à milliard, voit sans lever le petit doigt sa fortune augmenter d’un quart chaque année.

  3. comment est il possible que l’UMP n’a pas mis fin à ce scandale ?

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