Comment le poison socialiste a anesthésié la France

 

En prenant le pouvoir en 1981, les socialistes français ont durablement abimé l’un des ressorts les plus précieux de notre pays : le goût pour l’effort et le sens du devoir. Deux lois ont suffi pour faire dérailler le pays : les 35 heures et la retraite à 60 ans. L’effet dévastateur de ces lois est largement sous-estimé. Les effets mécaniques ont été dans une large mesure corrigés par Sarkozy mais ces lois ont changé les valeurs d’une grande partie des français. Pour beaucoup de français, ce n’est plus le résultat de leur travail qui compte, mais le fait d’avoir effectué le nombre d’heures légal. Qu’importe que le but ne soit pas atteint, pourvu que le temps de présence soit respecté. Ce phénomène est dévastateur car il a cassé le dynamisme du pays et a rongé sa compétitivité. Sarkozy a voulu changer cet état d’esprit en prônant le travailler plus pour gagner plus mais il n’a fait qu’érafler la surface de la plaie car le mal est trop profond.

Comme vient de nous le dire Jin Liqun, un haut responsable chinois : « Que l’Europe commence par réviser ses lois induisant la paresse ». Chacun aura compris qu’il parlait de notre loi sur les 35 heures, mondialement connue tant elle paraît absurde hors de nos frontières. Ce Chinois a raison : de nombreux français ont hélas perdu le goût de l’effort.

La racine du mal est simple à identifier : les socialistes ont inversé les valeurs dans notre pays, en faisant passer les droits avant les devoirs. Le droit à ne travailler que 35 heures ou à partir à 60 ans est plus important que le devoir d’accomplir son travail et de mener jusqu’au bout la tâche pour laquelle on est payé. Faire son travail ne consiste plus à atteindre un but, c’est juste faire un nombre d’heures suffisant. Plus grave encore : avec cette inversion des valeurs, la motivation au travail s’en est allée. Les personnels dépriment, se mettent en arrêt maladie et travaillent encore moins. C’est un cercle vicieux auquel il est difficile d’échapper.

Ce mal trouve ses racines dans l’essence même du socialisme à la française qui a fait de l’égalité une vertu cardinale et de la redistribution l’oméga de sa politique, en oubliant que les richesses doivent être créées avant d’être distribuées. On n’accroît pas les biens en les divisant et on n’apporte pas durablement la prospérité au pauvre en la retirant au riche.  Plus profondément, l’égalitarisme doctrinaire prôné par les socialistes va à l’encontre des ressorts intimes de la motivation humaine pour qui le dépassement de soi est essentiel. Pour comprendre ce propos, voici une petite leçon (fictive) de socialisme.

« Un professeur d’économie dans un lycée annonce fièrement qu’il n’a jamais vu un seul de ses élèves échouer, à l’exception d’une année, où ce fut la classe entière qui a connu l’échec. Cette classe était entièrement convaincue que le socialisme était une idéologie qui fonctionnait, et que personne n’était ni pauvre ni riche ! Un système égalitaire parfait. Le professeur dit lors : « Ok donc, nous allons mener une expérience du socialisme dans cette classe. A chaque contrôle, on fera la moyenne de toutes les notes et chacun recevra cette note. Ainsi personne ne ratera son contrôle et personne ne caracolera en tête avec de très bonnes notes. » Après le 1er contrôle, on fit la moyenne de la classe et tout le monde obtint un 13/20. Les élèves qui avaient travaillé dur n’étaient pas très heureux au contraire de ceux qui n’avaient rien fait et qui, eux, étaient ravis. A l’approche du 2ème contrôle, les élèves qui avaient peu travaillé en firent encore moins tandis que ceux qui s’étaient donné de la peine pour le 1er test décidèrent de lever le pied et de moins travailler. La moyenne de ce contrôle fut de 9/20! Personne n’était satisfait. Quand arriva le 3ème contrôle, la moyenne tomba à 5/20. Les notes ne remontèrent jamais, alors que fusaient remarques acerbes, accusations et noms d’oiseaux, dans une atmosphère épouvantable, où plus personne ne voulait faire quoi que ce soit si cela devait être au bénéfice de quelqu’un d’autre. A leur grande surprise, tous ratèrent leur examen final. Le professeur leur expliqua alors que le socialisme finit toujours mal pour une raison simple : quand la récompense est importante, l’effort pour l’obtenir est tout aussi important, tandis que, si on confisque les récompenses, plus personne ne cherche ni n’essaie de réussir. Les choses sont aussi simples que cela».

Comme l’a écrit Adrian Rogers dans les années 30 : « Tout ce qu’un individu reçoit sans rien faire pour l’obtenir, un autre individu a dû travailler pour le produire sans en tirer profit et tout pouvoir ne peut distribuer aux uns que ce qu’il a préalablement confisqué à d’autres ».

La fonction publique a été la première atteinte par le mal.

Qu’ont fait les socialistes pour se concilier un électorat docile et in fine acheter des voix ? Ils ont embauché 1,4 million de fonctionnaires et ont dilué le travail de la fonction publique. La France était déjà suradministrée en 1981. Le seul moyen d’employer autant de nouveaux fonctionnaires était de partager le travail. Citons un exemple parmi des milliers : l’informatisation a considérablement simplifié le travail du ministère des finances mais les agents sont toujours aussi nombreux. Chaque français peut constater par lui-même que les effectifs de certaines mairies sont devenus tellement pléthoriques que de nombreux employés viennent faire leur temps de présence sans avoir aucune tâche utile à accomplir.

Auparavant le travail consistait en un but à atteindre pour chacun. Cela s’appelait le devoir et plus précisément dans le cas des fonctionnaires, le devoir d’état, un terme disparu. Chacun, à son niveau, avait une mission et allait jusqu’au bout pour la remplir quelles que soient les difficultés et quel que soit le temps qu’il fallait y consacrer. On travaillait le soir chez soi ou les week-ends et on était heureux d’avoir fait correctement son travail. En divisant le travail pour en donner aux nouveaux arrivants, les socialistes ont fait du respect de la durée du travail le principal but à atteindre.

Prenons l’exemple d’un enseignant du primaire dont le devoir est d’apprendre à lire et à écrire à sa classe. Auparavant, quand des élèves avaient des difficultés, l’instituteur les aidait durant les récréations ou après les cours. Il considérait que c’était son devoir et se sentait responsable de l’échec de ses élèves, échec qu’il voulait absolument éviter. Il était fier de son travail, mesuré au succès de ses élèves. Aujourd’hui, notre instituteur – devenu professeur des écoles – se sent exonéré de toute performance, dès lors qu’il a fait ses 14 à 18 heures théoriques par semaine. Pire : ceux qui se sentent concernés par la réussite de leurs élèves et qui sont prêts à travailler plus – il est reste heureusement – se font rappeler à l’ordre par les syndicats. La novlangue syndicale n’a qu’une doctrine : si les élèves ne suivent pas c’est parce qu’il n’y a pas assez d’effectifs. Il ne faut surtout pas travailler plus pour aider les élèves ! Pour les syndicats, les enseignants n’ont qu’un devoir : celui d’utiliser leurs droits. Ils n’ont qu’un but : accroitre le nombre d’enseignants.

Prenons un autre exemple : celui d’un juge d’instruction. Faire son travail convenablement nécessite des heures d’analyse de dossiers souvent très complexes. C’est fatigant et cela prend beaucoup de temps, bien plus que ce que la durée légale hebdomadaire n’autorise. Alors beaucoup de magistrats, poussés là aussi par leurs syndicats, choisissent une autre voix, plus simple et plus expéditive : obtenir des aveux par le harcèlement moral et physique des prévenus en abusant de l’usage de la prison préventive. Si cela ne suffit pas, on organise des fuites dans la presse pour accroître encore la pression. Que ces méthodes bafouent les droits les plus élémentaires des justiciables importe peu. L’essentiel est d’occuper son temps de travail de 25 heures par semaine et de prendre ses 11 semaines de congés payés annuels. Pas assez de magistrats en France ? Allons-donc ! Si tous les magistrats travaillaient ne serait-ce que 40 heures, nous en aurions bien assez.

Prenons un troisième exemple, d’une nature différente : le développement industriel de la France. La perte du goût de l’effort s’est propagée au plus profond de l’état et a été amplifiée par la perte de technicité de l’administration. Souvenez-vous de l’ex-commissariat au plan qui a conçu tous les grands programmes de développement d’infrastructure et les grandes avancées technologiques de la France. La prospective était alors aux mains des ingénieurs (X-Mines, X-Ponts, Centraliens, Arts et Métiers) qui comprenaient ce qu’ils faisaient et avaient une vision à 30 ans pour le pays. En 1981, un syndicaliste, Hubert Prévost, a été nommé. Son seul mérite était d’être socialiste et d’avoir fait l’ENA. Tout s’est alors petit à petit délité. Les socialistes ont amorcé la pompe et les énarques ont transformé un instrument de développement économique et industriel en une bureaucratie inutile et inefficace qui a été supprimée en 2005. Avec le Grand Emprunt, Sarkozy essaye de relancer des voies de développement et d’investissement pour le futur en court-circuitant une partie de l’administration et de son énarchie, mais la résistance est forte.

Et que dire de la transformation des DRIRE, dépendant du ministère de l’industrie et véritables soutiens des industriels, en DREAL, avant tout au service de l’écologie et dont le but est de s’assurer que les innombrables procédures visant à préserver l’environnement sont scrupuleusement respectées. Qu’importe si l’activité industrielle se développe ou non. Il vaut mieux délocaliser des emplois en Chine que déplacer une colonie de crapauds. Les délais de cette administration – jadis une des plus efficaces de France – sont devenus rédhibitoires pour tout industriel. Pour obtenir les permis de construction d’un site industriel, il faut 5 mois en Chine, 8 mois aux USA et plus de 18 mois en France.

Il est loin le temps où Napoléon avait organisé une administration exceptionnelle qui était un exemple pour le monde entier. Les socialo-fonctionnaires sont passés par là.

Bien sûr il y a encore une France, dans laquelle on ne peut pas faire semblant de travailler pour gagner sa vie. Un chef d’entreprise qui a des résultats négatifs fera faillite, même si son temps n’est pas compté. Un commerçant qui ne travaille pas au moins 60 heures par semaine met vite la clef sous la porte. Un ouvrier ou un employé d’un groupe privé qui n’obtient pas les résultats qu’on attend de lui finira par être licencié. Un professionnel libéral qui ne crée pas sa propre clientèle ne peut survivre.

Malheureusement, en France aujourd’hui, les forces vives qui créent la richesse de la nation sont de plus en plus isolées. La grande majorité de la fonction publique n’en fait plus partie et dans le secteur privé, tout est fait pour que la compétitivité et le dynamisme soient cassés : les syndicats et les inspecteurs du travail sont là pour noyauter le système et empêcher ceux qui le voudraient de travailler et de réussir.

Sarkozy a eu un tort : il n’a pas compris que ses méthodes à l’américaine, son énergie et sa réactivité ne servaient à rien pour réveiller le corps mou et flasque que les socialistes (aidés par Chirac) lui avaient laissé. Appliquer un électro choc à une méduse ne la transforme pas en dauphin !

Sarkozy a pensé que sa volonté de changement serait suivie par le pays mais le poison instillé par les socialistes est trop puissant. Il veut maintenant mettre la France dans les pas de l’Allemagne – à juste titre – mais l’Allemagne n’a pas ces millions d’heures perdues et stériles d’emplois publics inutiles. En Allemagne la responsabilité est à tous les niveaux et la volonté est un moyen de succès. Et surtout, les allemands sont fiers de leur industrie et ils la défendent. Les Français eux voudraient être fiers de leurs équipes de foot ou de rugby.

Citons à nouveau Adrian Rogers : « Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation ».

 

DANTON

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3 réponses à Comment le poison socialiste a anesthésié la France

  1. Jean-François Huet 27 octobre 2013 à 08:03 #

    Bonjour,
    Parmi les choses les plus stupides qu’à faite le socialisme en France c’est de transformer 60 millions d’individus en assujettis sociaux.L’assujettissement social ou autre est le chamin le plus court et le plus sur vers le crétinisme
    Il est à la base de l’échec du communisme comme il est à la base des déficits sociaux irréductibles que nous connaissons.Chaque politicien voulant avoir quelques chances d’être élu est contraint de rajouter une couche d’assistanat à celle de ses concurrents et ceci en faisant totalement abstraction de moyens dont il dispose…Si de réelles avancées dans le domaine de l’exclusion et de la pauvreté étaient obtenues on pourrait tolérer les taxes de plus en plus élevée sur les rares personnes qui réussissent à travailler…mais il n’en est rien toujours plus d’impôts correspond à toujours plus de dette alors qu’on nous rabâche que les inégalités et l’exclusion augmentent….Plus un gouvernement se dit social plus les problèmes sociaux et économiques s’aggravent… Cherchez l’erreur…Pour leur santé les assujettis abêtis par leur système payent tros fois,une fois par leurs cotisations qui amputent leur salaire brut,une fois par leurs assurances complémentaires devenues obligatoire e une fois par la CSG et le RDS qui courent désespérément après des déficits sociaux irréductibles ,tout ceci pour voir leur système de santé se détériorer,avoir à la fois les plus mauvais remboursements d’Europe et un corps médical qui se réduit sous les coups de boutoir de l’administration….Alors les franchouillards toujours contents de votre sécu et du socialisme à la française?

  2. invité 3 janvier 2014 à 14:38 #

    Cataloguer les travailleurs du public comme du privé et les chômeurs de fainéants est pitoyable. Vous attaquer particulièrement les enseignants, eux qui apportent, comme les autres travailleurs, une contribution essentiel au bon fonctionnement de la société.

    En cette période de chômage, il faut au contraire répartir travail entre tous, et donc en réduire le temps pour ceux qui ont un emploi, sans perte de revenu.

    Dans votre article, vous ne dénoncez ni les dividendes exorbitants ni les innombrable cadeaux fiscaux faits aux très riches. C’est pourtant cela, dont la mise en œuvre a été facilité par le fait que le PS n’a justement de socialiste que le nom, que le pouvoir d’achat baisse, que le chômage grimpe, et que les collectivités sont en déficit.

    Je constate que le régime allemand est un modèle pour vous. Mais si le taux d’emploi est y est plus important qu’ailleurs en Europe, c’est au prix d’une grande précarité.

  3. Anonyme 6 décembre 2014 à 00:49 #

    Danton a bien vu notre triste réalitè.Ajoutons des excuses pour ne pas travailler:
    -attendre la croissance
    -attendre une meilleure répartition des richesses………si,si!6

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